Archives par auteur: Admin-NIDF

N’est pas mort ce qui s’entraîne fort!!

Résurrection de rentrée en forme de teaser

Brisons-là le silence de ce blog depuis nos aventures télévisuelles! Silencieux mais pas inactifs, les valeureux Samuraï-Mariachis ont passé les beaux jours du printemps et de l’été à sillonner la France, et même l’Europe pour pratiquer et partager le Naginata avec passion!
Bientôt ici, le récit d’une odyssée en terre batave, avec de vraies Krokette dedans!

Les aventures en Médoc pour le stage d’Hourtin.

Le récit et les résultats du Championnat de France, moment historique!

La folle frénésie de l’édition 2010 de la Japan Expo.

En exclusivité, un morceau d’histoire et de nostalgie, avec notre participation à l’ultime stage d’Anduze.

Et aussi en cette rentrée, deux furieuses au Médoc Taikai!

Championnat de France 2010-06-26 409_2

Gяuит!


Crédits photo: L.Bannwarth

Album – Tournage Télématin

Quelques images du tournage pour la rubrique sportive de Télématin, avec Grégoire Tournon. Tourné le 11 décembre 2009.

Le Naginata à la télévision!

Un jour de novembre, nous recevons un message de Grégoire Tournon, journaliste sur France 2.

Animant une chronique sportive dans Télématin, lui et son équipe vont régulièrement à la rencontre de pratiques rares et originales, pour les faire découvrir. La méthode est simple et originale: l’équipe rend visite au club et Grégoire essaie la discipline en question!

Ils préparent un reportage « J’ai testé pour vous le Naginata »!

C’est en décembre que tout ce concrétise. Cécile Hamot sensei, NIDF et son sensei Alain Guillaume, le club de Boussy St-Antoine, sous l’égide de la Commission Communication, accueillent l’équipe pour le tournage dans le dōjō de Maions-Alfort. 3h de pratique décontractée mais studieuse!
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Voici le résultat (diffusé le samedi 5 juin 2010)

Et quelques photos du tournage

Critérium Kyū 2010 Monogatari

Chanson de croisade du troubadour Martin


Critérium Kyū 881-copie-1

Week-end à Limoges
Le train au petit matin
Déjà cette heure-là ?!

Ainsi s’ouvre le chapitre CCLXVII du Dit d’NIDF, considéré par les exégètes comme rapportant le critérium kyu 2010.
Rappelons rapidement le contexte historique : le critérium kyu, c’est une compétition annuelle réservée aux seuls kyu, c’est-à-dire interdite aux pratiquants possédant un dan. L’occasion de se mettre sur la gueule comme les grands tout en ayant une chance de ne pas se faire sortir dès le premier tour de la compétition, et de rentrer fièrement chez soi avec une médaille sur laquelle il n’y a pas marqué « équipe ». Bien sûr, à NIDF, on est humbles et on n’aime pas la gloriole, donc on y va essentiellement pour le stage du samedi après-midi, ouvert aux participants de tous niveaux.

Critérium Kyū 882

Du coup, c’est un groupe hétéroclite qui se retrouve finalement dans le train pour Limoges à l’aube blanchissante ce samedi : Thibaud et Guillaume venus aider à l’organisation générale de l’événement, Hélène, Julien, Sandrine, Julie, et votre serviteur après une course acrobatique sur le verglas pour attraper le train. Train qui au final n’avait pas bravé le froid, lui, le vil, et s’était fait remplacer par un autre avec trois fois moins de wagons. Point positif : tout le monde a donc pu se rassembler dans le même wagon. Le club de Maisons-Alfort nous avait même envoyé une délégation pour la circonstance en la personne de Morgane. Ce qui a rendu le voyage distrayant à défaut d’être reposant.
Une fois tout le monde bien distrait, nous arrivons en gare de Limoges vers midi et nous sommes immédiatement escortés jusqu’au Chéops par Chloé et Jean-Mathieu.

Critérium Kyū 880

Nous y retrouvons tous nos amis noctambules ou presque qui étaient déjà arrivés par le train d’avant : Alain, Sandrine venue représenter le club de Boussy-Saint-Estève, et encore plus de Maisons-Alfort (Sylvie, Nada et Fanny). Sans oublier la commission sportive d’alors, Agnès, venue repérer le terrain dès le jeudi. On ne perd pas de temps, on pose les affaires dans les chambres et on attaque les affaires sérieuses : le repas de midi. Ben oui, il fallait bien emmagasiner de l’énergie pour parcourir les quinze mètres de campagne sauvage et enneigée qui nous séparaient du gymnase! Ça rigole pas Limoges.
Tout le monde est dieu merci arrivé sans encombres et ça a été l’occasion de découvrir une sacrée surprise : en plus des bordelais du Bouscat et de Mérignac, il y avait des limougeauds à ce stage.

Critérium Kyū 884

Limoju no Naginata!

Qu’il soit donc écrit dans les chroniques du naginata français que ce n’est pas une légende urbaine : il y a bien des naginatakas à Limoges en plus de Chloé et Jean-Mathieu (et Martine bien sûr), je les ai vus de mes yeux. Ils sont même sympas et pas manchots. Rien que ça, ça donnait à ce stage une dimension de quête initiatique avec révélation à la clef.

Echauffement de type dynamique, par JiMMais nous ne nous sommes pas laissés perturber et après un échauffement de type dynamique, nous avons commencé le stage sous la direction de Martine, Alain et Dominique. En plus des grands classiques habituels (des lignes de men ou des uchi kaechi sur un seul kiai), nous avons eu droit à quelques exercices moins fréquents mais plaisants aussi, comme le célèbre furikaechi dans une allée humaine ou plusieurs exercices de chassés après parade, et même des séries de do en fin de séance. Bon, pour les do, j’attends toujours de comprendre comment on en passe un en combat, mais c’est sympa qu’il n’y ait pas de ségrégation entre les coups comme ça. Pendant les stages, je veux dire. Ce serait sympa aussi en compèt’ d’ailleurs…

Une fois le stage mené à son terme, les anonymes de la commission sportive prennent le temps de tracer les shiaijo du lendemain, généreusement assistés par les limougeauds pas fantômes. On rigole on s’amuse mais au finalement l’heure de se repencher sur des problèmes sérieux arrive : direction le repas du soir. Celui-ci se déroule dans une ambiance festive, puis c’est la phase de préparation pour le lendemain : montage collégial de lames sous la direction technique de Thibaud, puis on papote sagement et sobrement avant d’aller se coucher pour être en forme au réveil. Limite trop sobrement dans le cas de Morgane.

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Morgane se prend deux scotch!

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The Crew

Bref, après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner (je suppose, je ne suis pas du matin personnellement), on se retrouve autour du shiaijo pour se mettre joyeusement sur la gueule, sous l’œil bienveillant des dans et du staff limougeaud (et de l’amicale des jeunes footballeurs locaux venue jeter un œil).

Les jeunes ouvrent le bal et c’est Nada qui finit reine de la promo. On enchaîne sur la compétition adulte et là c’est la rafle pour NIDF : Sandrine partage la troisième place du podium avec Thierry de Limoges, Hélène s’empare de la seconde place et votre serviteur profite d’une opportunité unique de rafler l’or en individuel (unique dans le sens où elle ne devrait pas se représenter avant un paquet d’années…). Je tiens à remercier mon papa, ma maman, Martine pour ses bons conseils et les exercices de la veille que nous avons essayé de mettre en application, Alain pour sa révélation sur le combat utile en stage équipe de France… Et surtout à féliciter Hélène et Sandrine dont les combats ont été particulièrement prometteurs tout du long !

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Enfin, on finit la matinée par une agréable compétition par équipe tous âges confondus, qui a vu s’affronter les Cochons de feu, les Pingouins en colère, les Poutreux et les, enfin, le ? Fouiiiiin ! Tout le monde s’est bien amusé, les Cochons de feu ont pris la première place et les vaches ont été bien gardées.

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Après la remise des prix, il restait une mission sacrée à remplir pour les braves guerrilleros : prendre des photos débiles en train de pratiquer (enfin, euh… d’en donner l’impression… pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas…) dans la neige, bien sûr ! Aussitôt dit, aussitôt fait, et deux ou trois roulades d’Agnès plus tard, tout le monde était enfin prêt à se diriger vers un repas de midi bien mérité. Après avoir réglé ce dernier détail, les samurais mariachis sont repartis en ordre dispersé, qui en train, qui en voiture, une fois rendez-vous pris pour la coupe technique Simone Charton à Bordeaux.

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Voir l’album-photo du week-end

Drôles de Dames et Lycéens – Démonstration du 17 novembre 2009

Car c’est bien sous le double signe de la Jeunesse et du Sport Féminin que NIDF a mené cette démonstration!

Montée grâce à Sandrine et Mme Rousseau (le professeur d’EPS), cette démonstration accueillait les élèves de l’AS du lycée Hôtelier Guillaume Tirel (XIVe).

Agnès, Chloé, Sandrine et Tatiana avaient répondu présentes pour faire découvrir le Naginata à ces jeunes gens qui se révélèrent intéressés et curieux. Quant à moi je serais leur Bosley!

02Le Gymnase Municipal Alice Milliat donnait un cadre parfait, tant par son équipement que sa symbolique. En effet, la venue d’une délégation féminine, présentant cet art martial pratiqué par les femmes depuis 300 ans, dans ce lieu portant le nom d’une des pionnières les plus passionnées du sport féminin, fut une occasion unique et riche de sens.
Le parcours, la dévotion, voire le combat d’Alice Milliat pour développer le sport féminin ne sera pas sans rappeler l’investissement d’une autre pionnière d’exception, Simone Charton, Fondatrice de notre Club.

03C’est donc vers 17h ce mardi que Chloé, Sandrine et Tatiana se retrouvent au Gymnase pour un échauffement en attendant les élèves. Agnès les rejoindra plus tard, pour la partie « en armure ».
L’ambiance animée des cours qui se déroulent autour d’elles (badmington, escalade sur un des plus beaux murs de la capitale) contraste avec l’habituelle confidentialité de nos cours.
Espérons que des yeux curieux auront saisi quelques images de notre art entre cordes et  volants!

05Les spectateurs du jours arrivent, et après avoir rencontré les enseignantes d’EPS nos hôtes, nous entamons une présentation du Naginata, son arme, son histoire, sa tenue…

06Après un bref historique donc, place aux shikake ōji waza démontrés par Sandrine et Chloé.

08« Quand est-ce qu’elles se battent!? » réclame-t-on dans l’assistance!
C’est après les explications techniques et le sens des différents mouvements, que les trois Onna musha, revêtues de leurs bōgū, vont montrer la puissance et la finesse de notre façon de combattre.

14Si la Naginata avait quitté les champs de bataille à l’orée de l’époque Edo, c’est surtout à cause de nouvelles techniques de guerre. Cette arme de grande taille et nécessitant une certaine habileté était devenue moins pratique dans les bataillons en rangs serrés; et armer ces hommes de lances était alors devenu plus rentable et efficace (moins d’acier, moins d’entraînement).

17Elle fut peu à peu considérée comme arme des femmes de la classe des Būshi (« guerriers », les fameux Samurai). Souvent symbolique et ornementale, pièce de dot, elle l’était aussi en tant qu’arme de duel, elle correspondait plus aux besoins de ces femmes amenées à faire face à des envahisseurs du château en temps de conflit.

16On dit souvent que la Naginata est aussi devenue arme de ces femmes-guerrières grâce à son maniement qui requiert plus de technique que de force. Cela semble une vision quelque peu stéréotypée de la situation. La forme de l’arme s’est certes adaptée à de nouvelles situations de combat (espaces réduits, armure plus légère, duel…), mais toute personne ayant un jour eu en main une véritable Naginata, époque Edo ou non, vous affirmera que ces guerrières de la fin du moyen-âge japonais devaient être tout de même de belles athlètes!

19Agnès rejoint le groupe qui propose alors une initiation. Et ce sont 4 jeunes hommes qui relèvent le défi: apprendre et enchaîner l’uchi-kaeshi (échange de frappes basiques) avec les 3 Mousquetaires désormais bien au nombre réglementaire de 4!

21Plutôt doués, ils y parvinrent sous les encouragements de leurs camarades. Les conseils bienveillants de leur partenaires n’épargnèrent pas la rigueur de la conduite martial, le temps de ce combat formel.

Nous souhaitons que cette rencontre ait éveillé la curiosité des jeunes gens qui nous ont  témoigné leur intérêt par de multiples questions.
C’est pour nous une expérience à reproduire sans aucun doute!

Enfin, nous souhaitons que là frémissent les indices d’un développement du Naginata Parisien, en direction de la Jeunesse et aussi du Sport Féminin, que cet art semble des plus à même de représenter. Et que nous sommes impatient de pouvoir réaliser!…

voir l’album-photo de le démonstration

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Critérium Kyu 2009

Une belle histoire de Julien


Tout commença un beau matin de prin… Nan, en fait il faisait froid, affreusement tôt et le prez’ était en retard [Note Du Prez: mais c’est complètement faux, et puis c’est même pas vrai!]. Mais on m’a bien élevé et je l’ai donc pas trop fait remarquer. Et c’était pas faute d’avoir essayé d’être moi même en retard : j’habite assez loin de Maisons-Alfort (lieu du rendez-vous), mais ce jour là, je l’ignorais encore…
Bref, une fois le mini-bus rempli, nous partîmes neuf… Point de prompt renfort : c’est également neuf(s)  que nous arrivâmes (dans tous les sens du terme, d’ailleurs : pioncer, ça requinque… Et on en avait tous besoin : se lever pour 9h le WE… Ça doit être interdit, d’ailleurs). Petite pensée attendrie pour le Vizir qui eut bien du mal à se décider : entre ses propres genoux et l’épaule moelleuse de Béatrice-Claire senseï, il ne savait plus où poser sa tête !

Après un voyage de deux heures environ, nous arrivons enfin. Sans trop se tromper de chemin, en plus (ni craquer au dernier moment : un cirque donnait des représentations… Et ça fait une éternité que je suis pas allé au cirque, moi…). Les deux questions les plus importantes du WE sont posées : Où sont les toilettes ? Et quand est ce qu’on mange ?

Le repas ne devant d’ailleurs pas tarder, on se précipite tous dans nos chambres pour se débarrasser du superflu (nag’, armures, etc…) pour se rendre au resto et tester ces fabuleux tickets remis un peu plus tôt. Bon, autant le dire tout de suite : les tickets resto, c’est pour le folklore. Personne ne les vérifie vraiment et si l’envie m’en avait pris de passer deux fois… Bref, c’est pas mon genre, heureusement.

Rien de notable, à part une sombre histoire de trafic de desserts. Pas le temps de s’appesantir la dessus (mais on y veillera plus tard…) : le stage technique commence !

Au programme du stage : de tout et de rien, tout plein de bons conseils qu’on se promet d’appliquer le lendemain… vœux pieux, bien entendu.

Après l’effort… La douche ! A cette occasion, le Vizir et moi étant de gros boulets devant l’éternel [NDP : non rien, continuez, continuez…], nous devons compter sur Xavier pour la serviette. Autant vous le dire tout de suite : une serviette pour trois, c’est pas suffisant et le dernier à passer à un peu l’impression de s’être fait enfler. Mais bon, c’est un peu sa faute aussi, hein.

Le second repas de la journée arrive et on nous annonce qu’il n’y aura pas de dessert. Ruse!

Car il y en avait, bien entendu. Plusieurs hypothèses circulent sur la raison de cette fumisterie : la plus sérieuse étant qu’il s’agissait d’un piège pour dévoiler les odieux trafiquants de dessert de Béatrice-Claire senseï. D’autres, plus fantaisistes parlent d’un anniversaire surprise de cette dernière mais ça n’est pas très sérieux… Mes yeux ne m’ont pas trahi : Martin engloutissant une multitude d’innombrables parts de gâteau au chocolat… Sans doute un des plus pénibles souvenirs de ma triste vie… Avec Matrix 3…

Ceci dit, les mécréants s’en sortent toujours et Martin peut en témoigner.

Après le repas, petite sortie à Carrouf’ : Le gâteau ça donne très soif et à NIDF, on n’aime pas avoir soif. Par contre, on aime le gâteau. On est comme ça… Et on l’assume assez bien.

De retour sur le lieu du stage, nous assistons à la fin [NDP: et ça c’est pas très sérieux, non non…] de la réunion de la Commission Naginata. J’y découvre avec amusement (je suis quelqu’un de très jovial, parfois) que les naginataka français s’adorent mais rechignent à le montrer. Ça fait plus viril.

Devant un tel déballage d’émotion, la soif nous reprend (s’émouvoir aussi, ça donne soif) mais nous tenons bon : demain, c’est une compétition sérieuse et si on veut faire honneur à notre école, on n’a pas le choix. On se couche avec les poules (comprendre « en même temps », petits futés…).

Faire passer des bouteilles d’alcool furtivement dans les chambres et les vider consciencieusement jusqu’à trois heure du mat’, par exemple, c’est pas du tout le genre de trucs qu’on s’amuserait à faire. Pas le genre de NIDF ça madame, non non non !

Et puis, de toute façon, c’est pas l’alcool le danger : c’est le sirop de fraise !

Le lendemain (dimanche, donc), à une heure que la décence m’empêche de citer ici, tout le monde se retrouve dans la salle commune pour prendre un bon petit déjeuner… Certains ont d’ailleurs assez mal aux cheveux (saleté de sirop de fraise…). Après quelques litres de café, je me sens enfin apte à me diriger vers le dojo…

Comme le disent si souvent nos sempaï : « c’est la Guerre » et ce que j’aurais appris ce jour-ci, c’est que même dans un sport présupposé « de fille » on trouve de sacrés bûcherons !

Le bûcheron se caractérise, entre autre, par son incapacité motrice à utiliser sa main arrière correctement. Du coup, il compense « légèrement » avec la main avant. La seconde caractéristique que j’ai pu noter, c’est la facilité déconcertante qu’ont certains bûcherons à faire comprendre à leur victime que c’est de sa faute s’il saigne. Après tout, c’est pas un hasard : fallait pas rester devant.

Détail amusant : le bûcheron ne dévoile sa vraie valeur que quand il peut toiser sa victime de haut. Du haut de mes 190 cm, je n’ai donc pas pu tester de la monstrueuse brutalité des phénomènes… ça avait l’air plutôt mou, même… ou alors c’était le sirop de fraise qui inhibait mes sens… Pas impossible, ça. Déçu je suis…

A la suite de cette journée (c’est plus classe que de dire déculottée, même si ça correspondrait bien plus…) j’ai appris plein d’autres trucs bons à savoir. Par exemple : il ne faut pas vérifier qu’on est bien en train de sortir du terrain. Pas en tournant le dos à son adversaire, en tous cas. J’ai essayé et le fourbe en a profité pour me coller un sune.

J’ai aussi appris que le sune, c’était bien pratique à placer/faire valider parce que ça claquait mieux. Et que du coup, c’était le coup préféré du bûcheron. Que la garde au niveau du visage n’était pas franchement une bonne garde (surtout si on considère cette petite histoire de sune favorisé par certains facteurs techniques indépendant de notre volonté…)

Bref, que le chemin pour être un seigneur de la poutre était encore long… Mais je ne désespère pas… encore !

Voilà, c’était le récit hautement personnel d’un banal 5ème kyu à sa première compétition. Le retour s’est fait à l’image de l’allée : tout le monde pionçant (même le chauffeur, c’est dire!), bien décidé à ne plus jamais retoucher au sirop de fraise !

Pour ce qui est du Naginata, cette excursion à fait un peu comme un déclic. M’a fait découvrir un monde qui, s’il n’est pas parfait, me plaît.

Coupe Tokunaga 2009 – Le Roman-Photo


-Bon c’est parti, faut vérifier les armes, les passeports, les certif’ médicaux…!
-Ben ouais mais moi j’ai faim j’ai mon sanditch…
-Ah bah p’têt mais c’est la guerre, sois fort.

Eh oui, c’est juste à l’heure que j’ai débarqué dans le gymnase Didot, fort commode commodité sportive de plain-pied du XIVè arrdt de Paris, fier de mon timing serré mais néanmoins parfait.

Mais il était bien visible que la motivation et le sens de l’organisation avaient déjà amené la plupart des autres participants sur les planches en avance.

En tenue, voire en armure, les combattants de cette Coupe Tokunaga s’échauffaient déjà. Une tension, une anticipation fair-play mais palpable baignait le Dōjō.

De son côté, la sous-commission sportive de la Commission Naginata du CNK (c’est-à-dire ce jour Sylvie, Agnès et Martin!) s’affaire. Leur effervescence et leurs jolis rouleaux de scotch blanc attirent bientôt quelques amis, et le shiai-jo fut tracé ! Enceinte désormais sacrée, gare à qui le foule avant le début des hostilités !!

Pendant ce temps, le corps arbitral se concentre.

L’échauffement se poursuit, avec plus ou moins de sérieux :

La Belgique:

L’italie

La Hollande

Limoges

Mais rapidement, les frontières tombent, et c’est en Européens partageant la même passion pour le Naginata et l’humour raffiné que cet échauffement se termine :

L’attente est à son comble, les nerfs à vif !
Il est temps d’y aller, tous en ligne !!

Et ce ne sont pas moins de 29 combattants qui vont participer à cette journée !

Et soudain, ce fut la Guerre !

NIDF a dépêché trois de ses plus vaillants Samurai-Mariachis :

Bouggy !!!
Dont c’est le grand retour ! En forme, chaud, mais pas fatigué !

Guillaume !!!
« J’aime le bruit du drapeau blanc au bord du shia-jo… »

Le Prez !!!

(eh oui quand on rédige l’article on peut mettre des photos bien flatteuses !! NIDF Pawa !!)

Bouggy ouvre les hostilités. Malgré un Seme à ébranler les montagnes et de nombreuses invocations sonores du Cochon de Feu, Dieu tutélaire yvelinois de la guerre, il s’inclinera sur un Sune face à Jonathan. La défaite n’est pour lui que l’augure d’une victoire future, car le voici décidé à méditer et s’entraîner sans relâche dans ses Forêts de l’Ouest, attendant l’illumination de son Tengu (la Poule de Houdan ?)


Le Prez affronte d’abord un guerrier Italien aux techniques ancestrales (Stefano). Ensuite, l’absence de Tim lui laisse un goût mi-figue mi-raisin : certes la confrontation lui aurait plut, en souvenir de l’Open Cup, mais quant à l’issue… Il s’esquive donc jusqu’à Lorenzo (encore l’Italie !!).

Une vidéo de ce combat circule sur internet, mais le Prez dément : si si, on lui a bien appris la garde Chudan !!

Voici les ¼ de finale, et c’est avec Tyl ! Et malgré la photo trompeusement avantageuse qu’on voit plus haut, il tombe à son tour, une jambe en moins et le crâne fendu !!

une tentative de Nuki vertical des plus originales !

ça va faire mal !!…

Pendant ce temps là, Guillaume fait merveille ! Après Roberta, il venge Bouggy en éliminant Jon.

Puis le voilà face à Andreas, le Khan de Germanie. Rude combat où Guillaume prévaut sur un Sune. Mais son périple n’est pas fini ! En effet, le voici désormais en demi-finale, face à Tyl. Saura-t-il faire mieux que le Prez ?


Pour cette année, l’aventure de NIDF à la Coupe Tokunaga s’arrête là. Un Sune et un Men arrêtent Guillaume dans sa splendide course. Il sera tout de même déçu de ne pas affronter l’autre « 3e ex-æquo », Philibert. C’est vrai qu’on eût aimé voir ce combat !!

Pour se consoler, il a droit à la bise du Sensei.

Epilogue

La 夢 ティーム du jour Philibert et Guillaume (3e ex-aequo), François (2e) et Tyl (1er) (même si là Franz tient la Coupe, tentant honteusement de profiter de la ressemblance!…)

Cette journée exceptionnelle. Ce fut aussi la Coupe Jacques Mercier, mais ceci est une autre histoire.

Au revoir, à bientôt…

Post-scriptum

Sune-ate

Un article encyclopédique de Baptiste


Les Sune-ate 脛当 (parties de l’armure protégeant les jambes), sont un peu l’emblème du Naginata ; notre truc à nous, quoi, “que les zautres y zont pas !” C’est le premier élément d’armure que le débutant porte ; il lutte pour en attacher les Himo correctement, surtout s’il porte déjà un Hakama, ce qui complique la tâche vu qu’il faut agencer les plis avants du Hakama d’une façon particulière tout en laissant les plis arrières libres… Tout un art !

C’est aussi généralement la première partie d’armure que l’on achète ; une façon de dire que l’on s’investit vraiment dans le Naginata et que l’on compte désormais persévérer ; un jour à marquer d’une pierre blanche ?

Les pratiquants de So-jutsu et de Jukendo ont leur Kata-ate (protection d’épaule), Nous, on a nos Sune-ate… C’est finalement ce qui nous distingue des autres.

Si l’on compare les Sune-ate des armures modernes et ceux des Yoroi anciens, on s’aperçoit que c’est la pièce d’armure qui a le moins subi de transformations dans sa forme générale : une pièce de tissu matelassée sur laquelle sont fixées des (6 généralement) barres de protection encerclant ainsi la jambe.


Voici maintenant des Sune-ate comme on en trouve sur les armures anciennes japonaises. Ceux-ci datent du Bakumatsu, fin de l’ère Edo, deuxième moitié du XIXe siècle.

Même si globalement, l’ancien modèle et le moderne se ressemblent, on note toutefois quelques différences que l’on va essayer d’expliquer.

Déjà, bien sûr, les barres de protection ne sont pas des lamelles de bambou, mais bien des lames de métal. Elles sont en outres reliées entre elles par des chaînes, trois à chaque fois, une en haut et une en bas, cachées par les Himo, et une au milieu que l’on peut apercevoir sur la photo.

Ensuite, on remarque que les deux lames qui se trouvent au niveau de la malléole interne sont raccourcies de moitié par rapport aux autres pièces. C’est pour empêcher ces lames de venir frotter (et éventuellement sectionner) contre la sangle des étriers lorsque les guerriers montaient à cheval. A la place, est cousu sur le Sune-ate un morceau de cuir, le Abumi-zure-gawa 鐙擦革, qui lui, à l’inverse, protège le tissu des Sune-ate des frottements avec les sangles des étriers.

Enfin, il est vrai que ces Sune-ate ne semblent pas offrir de réelle protection au niveau du genou, contrairement aux Sune-ate modernes, mais cela n’était en fait pas vraiment nécessaire dans la mesure où le guerrier portait à l’époque une armure “légère” comprenant généralement un Haidate, sorte de “tablier” allant de la taille aux genoux et recouvert de plaques de métal.

L’équipement utilisé en Naginata moderne n’est pas né avec la discipline, mais est le fruit de la longue évolution de l’armure japonaise aux cours des siècles.
Du champ de bataille au parquet des Dojo, on peut voir à chaque instant que les principes et concepts de la science martiale japonaise subsistent toujours de nos jours, faisant de nos disciplines des “Voies Martiales” et non pas des disciplines sportives. A l’instar des guerriers de l’époque de Benkei, ceux de l’ère Muromachi ou ceux vivant dans la paix de l’ère Edo, nous continuons de nouer les Himo de nos Sune-ate à partir du haut, puis le bas, en commençant par la jambe gauche puis la droite, et dans l’ordre inverse lorsqu’on les retire.