Comptes-Rendus

La Bohème – Épisode I – Stage INF à Prague sept’09

« Ce qui est trop clair n’est pas intéressant »
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne
qui a connu le goulag

Prologue – On est à fond

Tout avait commencé il y a fort longtemps, lorsque les petits papiers et autres feuilles d’inscriptions sont parvenues en France:

« – Y va-t-on? Y va-t-on point? »
La réponse sera oui, on y va (rappel: on est à fond!).

Les plus malins et prévoyants d’entre nous achètent fort à l’avance des billets forts avantageux auprès d’une compagnie dont on tait désormais le nom. Ces formalités réglées, la saison, puis l’été suivent leurs cours…

C’est la reprise! Mois de septembre, dojo repeints de neufs, armoires à bougu fleurant bon le… Prague est évidemment l’événement de ce début de saison!
NIDF sera cette fois-ci représenté 4 de ses séides, et non des moindres: Agnès, Guilllaume, votre serviteur, et la nouvelle venue, transfuge pour quelques temps et des raisons administratives (à moins que ce ne soit le glamour du très select club parisien), Chloé.

Acte I – Les avions aussi coulent

Et un début d’aventure en forme de grosse trirème et de bien mauvaise surprise! Quelques jours avant le départ, on apprend que la compagnie aérienne dont on tait désormais le nom à tout bonnement… déposé le bilan!

Voilà les français (du moins côté CNK) bien marris: tout le monde ou presque avait pris ses billets chez eux! Seule Agnès a échappé au naufrage, vive l’Autre Compagnie Qui Nous Sauva (presque) Tous.

Re-question, angoisse, interrogation:
« – Y va-t-on? Y va-t-on point? »

La réponse sera, en ce qui concerne en tout cas NIDF: oui! (rappel…!)

Guillaume sera malheureusement victime de dates de vol incompatibles et du coût exorbitant auquel se monte désormais le voyage. D’autres également baisseront les armes devant l’achat d’un autre billet. Et puis y’en a d’autres, mais bon…

Nous décidons donc de changer de nom pour échapper aux tueurs à gage des banques, de vendre un rein et d’y aller, en vert et contre marées!

Acte II – Low Cost

Alors le terminal des compagnies low cost de Roissy (le 3) c’est pas les ors du terminal 2 en partance pour des destinations exotiques tels la Corée! Un grand hangar, des agent d’escale qui font la tronche…
On se met dans l’ambiance avec un casse-croûte heineken-jambon-beurre!

sur cette photo, un Fox

Épreuve n°1: on a ouï l’histoire de celle qui est revenu du Japon avec des naginata achetées là-bas, et qui a dû payer 320€ des frais parce que ça dépend, et si ça dépend, ben ça dépasse…
Le choix fut fait d’y aller « à ouf » comme on dit à Marseille, et puis on voit. Les 2 armures sont bourrées avec le reste dans un sac qui fait 1m10 de long et ses bons 31kg, et les étuis de naginata sont joliment assujettis par du scotch « Hello Kitty » du plus bel effet! Ben quoi, ça fait un bagage par personne?!

Pesée, accueil mal-aimable de l’agente d’escale mal payée… Ça passe!!
Nous nous dirigeons vers l’espace lounge (celui où on s’allounge) pour goûter cette victoire modeste mais de valeur (320€!)

Appel, bus, escalier mobile, et nous voilà dans le zavion. Agnès nous a précédé aux aurores. Pas de nouvelles, pas de nouvelles, mais la compagnie est toujours debout, l’avion a des ailes, que demande le Peuple!?

LA SUITE AU PROCHAIN NUMÉRO!!!

Gasshuku – Saitama, Juin 2009

Ce dimanche 21 juin, un choix difficile nous était offert: Disneyland Tokyo ou Gasshuku à Saitama? Avouez!…

¿Qué es un Gasshuku?

Vite dit, c’est en général un stage de plusieurs jours à l’extérieur. Je laisse Baptiste détailler si besoin les finesses du sens de cette expression. Globalement, on prend le train et on se met dessus !

Revenons à notre dilemme. Quoique, la perspective d’une journée entière de naginata l’a vite emporté ! Et c’est avec enthousiasme et entrain que l’on a répondu « fais péter » quand les sempai de l’IBU nous ont proposé d’y aller…

…Ce n’est qu’un peu plus tard qu’on a appris un minuscule détail : Saitama c’est loin, et on y va en train ! Chers amis, ce sera donc le train de 4h25 à la gare de Katsuura !

Mais comme on est pas venu au Japon pour acheter des rizières, nous voilà descendant la route qui mène de l’Université à la gare (et inversement, sauf qu’à ce moment là ça monte, ce qui fait toute la différence), avec armes et armures.

Bon point, on arrive les premiers, malgré l’avantage des étudiants munis de scooter ! héhé !

Et c’est parti. Un arrêt à Onjuku où Baptiste nous rejoint, et nous voilà embarqués pour 3h30 de voyage, avec moult changements. C’est comme aller au CHEOPS pour une journée, finalement!

Et là aussi, on arrive les premiers !

Or donc, le Budōkan de Saitama, complexe sportif préfectoral dédié aux arts martiaux, c’est pas la MJC de Consly ! J’ai appris un nouveau mot anglais que me plaît beaucoup en ce moment, c’est “flabbergasted”. Et bien flabbergasted je fus en entrant dans la main arena !

C’est beau et grand! Le complexe comprend également 2 dojo annexes, 2 kyudojo (un long distance et un normal), 2 arènes de sumo (une intérieure et une extérieure).

La dite main arena est bien sûr un immense dojo carré, au plancher uniquement décoré de discrètes marques indiquant où coller le scotch d’éventuels shiaijo (plus besoins de décamètre et de 12 peons pour en tracer un 😉


Mais bon, on est pas venu pour planter des bambous, et bien qu’ayant quasiment une heure d’avance (merci le train de 4h25) on déballe le matos, pose les armures en rang. Chloé en profite pour étrenner son zekken tout beau tout neuf et honteusement classe.

Plan de bataille annoncé par Baptiste dès le début : dès que Suzuki Sensei s’approche de son armure, aller se planter devant lui et onegaishimasu ! OK !

Parce que bon oui en fait, Saitama, c’est le fief de Suzuki Sensei. Et cet homme là, c’est un peu une légende du naginata, X fois champions de tout de qu’on veut (Japon, Monde,…), une sorte de mythe. Pour vous dire, quand j’étais petiot aux premières rencontre internationales à Paris, c’était déjà un ogre !

Le matin, c’est kihon et engi. Suzuki a des exercices amusants en plus d’être instructifs, dont certains consistent par exemple à parcourir le dojo avec un tenugui plié en 8 juché sur le sommet de votre tête, et ne pas le faire tomber. Furikaeshi compris, si si !

Bon alors bien sûr, je parle japonais comme vache qui pisse, donc les explications techniques m’échappent quelque peu. Mais j’ai Chloé et Baptiste qui me traduisent, alors je fais semblant et j’attends.

Le hall est rempli de lycéens, auxquels ce gasshuku est réservé. Quelques étudiants et sommités du naginata (championne du Japon, etc..) agissent en qualité de sempai. Nous somme bien 60-70 dans ce petit gasshuku de banlieue !

Après le travail de engi avec moult partenaires tous plus motivés qu’âgés de maximum la moitié de mon âge, c’est la pause. On en profite pour aller mater des vieux messieurs à moitié nus avec des arcs.

Fi ! bande de gérontophiles, il s’agit bien sûr d’un entraînement de kyudo, vraisemblablement un compétition ou passage de grade senior.

Poufpouf! Onigiri et Aquarius au déjeuner, petite pause et on y retourne, car après, « ceux qui mettent le Men le mettent » comme avait sibylinement annoncé Suzuki Sensei avant le break! Ça tombe bien, on en a, et le mien est tout neuf de la veille (on se barde ici, c’est Noël) et on a même les armures qui vont avec!

Après le traditionnel kihon datotsu, Suzuki axe le travail de ce début d’après midi sur le fumikomi men, ou men direct, comme on dit en Vendée. Et c’est là qu’on voit le souffle qu’apportent ces jeunes sensei masculins au pays où le naginata est souvent une affaire de respectables dames (comme dirait Ebisawa Sensei). Expérimentations, essais, crossover avec le kendo, ici on achète tout et on teste sur le terrain. Le tout dans une ambiance décontractée.

Bref, on se met dessus. Les keikogi sont rapidement à tordre, surtout quand s’ouvre la sessions jigeiko ! Je suis même surpris de voir de la sueur sourdre à grosses gouttes de mes kote himo (ces ficelles qui nouent les kote) en les resserrant !

Baptiste en fin renard qui connaît bien le terrain, laisse à peine le temps au sensei d’attacher son men. Les voilà partis pour du gros jigeiko qui résonne par dessus les cris des lycéennes. Chloé invite et est invitée à tours de bras. Moi, ben je leur fais un peu peur aux jeunes filles, sauf à celles avec qui j’ai travaillé le matin. Alors après, je passe en revu les gars, tous élèves de Suzuki Sensei au club du lycée. Y’a de l’avenir par là !

Bref, qu’est ce qu’on se met!

Même les gamins en veulent comme des lions !

Mais régulièrement, je jette un œil sur file d’attente des candidats au jigeiko avec le MC du jour. File qui s’allonge après le passage de Baptiste, et qui ne semble pas vouloir diminuer. J’échange encore quelques invitations avec les lycéens, puis me décide à aller faire la queue pour la fessée !

Bon alors c’est sûr, poireauter 30 min alors que les autres continuent à se mettre dessus, c’est frustrant. Mais on est aux premières loges pour voir Suzuki Sensei à l’œuvre. Calme et toujours composé, lâchant ici et là kake-goe (oui, vous aussi lisez Kendo World et apprenez des nouveaux mots pour briller en société et au Scrabble) audible malgré la cohue, il alterne kakari-geiko ou jigeiko selon le partenaire. Et soudain, par un bref et extrêmement énergique mouvement de  hanches, la naginata vole et poum ! Men !

C’est mon tour, et je décide de… rien ! Faire au mieux. Je ne me suis jamais battu contre ce gars qui était déjà proto-champion du monde quand je débutais, et qui n’a pas encore 40 ans!

News at 11, le combat est filmé par Baptiste et c’est la fessée prévue. Sans douleurs: il est toujours trop loin quand j’attaque, toujours assez près quand il me saute dessus. Le grand moment: un maki-age (je t’enroule ta naginata et elle vole) me fait lâcher la main avant. Il me met 3 men et un sune avant que je puisse la récupérer.

Mais bon, j’ai la classe dans ma nouvelle armure, c’est l’essentiel !!

Le stage approche de sa conclusion. Au loin, Chloé en découd avec Kurogawa, qui est ou fut Championne du Japon a moult reprises.

Le sensei annonce la fin des hostilités, on tombe l’armure et on s’aligne pour le salut final ; je n’entrave toujours rien aux commentaires délivrés à l’assistance sur le stage, et peut donc consacrer mon attention à me mettre en seiza suffisamment loin de la personne devant moi, sous peine de plonger dans son centre à chaque zarei, ce qui est vu comme inconvenant! Car oui, même dans un dojo aussi grand, la foule ne s’aligne sur pas moins de 3 lignes face au Sensei en cette fin de gasshuku.

On range ! Baptiste négocie la douche avec les sempai, et c’est un succès: on échange un remballage de chez speed et un restau contre une bonne douche et la promesse d’appeler la sempai pour lui dire qu’on en s’est paaaas perdu (rappelle, ces jeunes gens ont maximum 21-22 ans !). La suite se révèle doublement cocasse: d’abord les douches sont froides, mais ensuite on se rend compte que nos camarades de classe sont encore en train d’attendre le bus quand nous sortons, du persil entre les doigts de pieds, après les douches, le pliage de hakama, la causette autour d’un coca bien frais !

l’Odyssée commence, avec un timing des plus pourris, qui nous contraint à changer 6 fois de train. Les guerriers sont de moins en moins vaillants après cette journée et c’est un exploit qu’il y en ai au moins un de réveillé pour signaler les changements de train !

Home Sweet Home au Kaikan à 10h du soir, le bento est notre ami. Je m’endors au milieu de la pièce tout habillé alors que je lis un Kendo World.

Qu’est ce qu’on s’est mis !

戸田派武甲流薙刀術 – Naginata traditionnel à Toulouse

Répondant à l’invitation de Pierre Simon Iwao Sensei, du dōjō Oshinkan, relayée par Laurent, j’ai pris le train en ce gris samedi 21 février pour Toulouse.
La motivation commence là, car il ne faut pas moins de 5h de train pour rallier la ville rose, et le stage commence à 13h30.

Le temps est splendide à mon arrivée, ce qui laisse augurer un stage agréable: je sais en effet que nous pratiquerons dehors.

Hôte prévenant, Laurent, l’un des Sempai du Dōjō, est venu me chercher pour me montrer le chemin.
Nous grimpons les quelques rues tout en devisant du temps et  de l’étiquette à observer pendant le week-end.
Car ce n’est pas un simple stage sportif auquel je viens participer (avec les coutumes païennes que cela suppose chez NIDF! ;P ). Le dōjō Oshinkan est un véritable dōjō traditionnel, et nous y vivrons tous comme Uchideshi d’un week-end. Ainsi par exemple, le vouvoiement sera de règle comme marque de respect entre les pratiquants.

Arrivés au dōjō, Laurent me fait les honneurs en me montrant les lieux, les armes, m’expliquant au passage les significations et us.

Situé dans un ancien atelier de couture, la salle est petite mais toute en bois et bon plancher. Et comme je m’en rendrai compte de manière saisissante un peu plus tard, ni chauffée ni isolée. Les râteliers d’armes, le kakejiku, les kafuda , les makiwara, tout cela tranche agréablement avec les gymnases où nous avons l’habitude de nous entraîner. Quelle chance d’avoir une salle pareille!

Le tour du propriétaire terminé, nous passons au vestiaire (chauffé, lui) pour nous mettre en tenue. Comme souvent, à nouveau lieu d’entraînement, nouveau nœud de hakama! Et Laurent rafraîchi ma mémoire sur un nœud de obi plus traditionnel que mon interprétation de l’exercice que l’on peut qualifier de… contemporaine.

Et que fait-on en tout premier dans un dōjō? Le ménage!

Passer le balai et la serpillière sont tout autant d’occasion de commencer à entrer dans la pratique. Plutôt que de balayer dans le simple but d’enlever la poussière, pourquoi ne pas commencer à se poser dans son centre, son tanden, relâcher ses épaules pour des mouvements réguliers, sans à-coups ni rupture. Et on passe la serpillière à la japonaise: hakama relevé, on la pousse devant soi avec les deux mains plaquées dessus. Cela peut s’avérer un peu technique, surtout quand on est grand!

Tout cela permet d’attendre les derniers membres du dōjō.

Vient le moment au Laurent m’accompagne aux râteliers pour le choix des armes. Un bokutō, et surtout la Naginata!

Oshinkan est le seul dōjō en Europe à pratiquer Toda-Ha Buko Ryu Naginatajutsu. Ce koryū prend ses racines dans le Japon du XVe siècle, avant de devenir une école où la Naginata est l’arme principale au cours de l’ère Edo.

En ce temps-là, pas de normes sportives sur la taille et le poids des armes évidemment: on choisit celle qui vous va. Une naginata est à la bonne taille si, levant le bras, vous pouvez en toucher la pointe en position verticale.

Me voilà armé. Les armes sont déposés dans un coin du dōjō et, tous étant là, on s’aligne pour le salut.

Le Sensei Simon Iwao PIERRE, Shihan, nous dresse quelques mots de bienvenue, puis viennent les présentations. Nous serons 7 ce week-end à suivre les enseignements du Sensei. Certains sont frais de l’année, d’autres sont des piliers reconnus okuden.

Le salut se poursuit traditionnellement, le stage est ouvert.

Et nous quittons le dōjō pour monter au Parce de l’Observatoire, car le stage se déroulera en plein air.

Installés, on commence le kihon, est tout de suite, le dépaysement se fait sentir. La position, très basse et hanmi (presque de ¾), la garde haute sont déstabilisantes mais donnent une très bonne sensation d’ancrage et de force. Et puis c’est classe!

Nous pratiquons les coups de base, qui sont puissants. La différence entre une sensation de coupe et et un simple coup est tout de suite sensible avec ces lourdes armes à l’épaisse lame. Mais de là à le faire correctement…

Nous parcourons notre coin de parc seuls, puis à 2 en enchaînant les coups, avant de passer aux techniques plus avancées du kihon.

En ce qui me concerne, cette partie s’arrêtera au dō-giri, une des techniques particulières à l’école. Un coup puissant, un ample mouvement qui consiste à frapper l’abdomen.

J’apprécie l’effet produit par l’ensemble des élèves enchaînant les dō-giri, alignés les uns derrières les autres. C’est tout autant sportif à exécuter que beau à voir!

Le kihon se poursuit.

La pratique traditionnelle des écoles anciennes s’articule autour de la pratique inlassable des kata, qui contiennent les mouvement et les concepts propre à l’école.

C’est donc la suite du programme.

Les kata de l’école sont autant efficaces qu’impressionnants. Images d’un passé guerrier où les Bushi maniaient de lourdes et mortelles naginata, l’exécution ne laisse pas place à l’équivoque ou à la sophistication surtout esthétique qu’on peut retrouver dans des écoles plus récentes.

Nous finissons au crépuscule et redescendons au dōjō.

Le dōjō traditionnel, c’est aussi la vie en commun le temps du stage. Nous partagerons le repas et dormirons dans le dōjō même.

La soirée est fort agréable, alors que je découvre les relations d’amitié et de respect qui unissent de façon particulière les élèves de cette école, et malgré le vouvoiement de rigueur un peu surprenant, on sent une vraie complicité et une proximité forte.

Le Sensei nous gratifie d’histoires sur le Japon ou d’explications sur l’histoire de l’école. Et je ne peux m’empêcher de penser à Simone (Charton), en l’écoutant: c’est un peu la même énergie, le même savoir, fruit d’une vie de recherche passionnée sur les arts martiaux, de réflexions croisées sur l’énergie, le mouvement… et le même enthousiasme!

Mais il faut bientôt gagner nos spartiates couches (sauf pour les malins qui possèdent un futon complet à demeure 😉 et se préparer à une courte et quelque peu rude nuit: demain, préparation énergétique à 6h, et il fait moins de 10°C dans le dōjō!

D’ailleurs, c’est déjà le matin. Nuit trop courte, réveillés par le Sensei déjà prêt qui prend en photo la « vaillante » troupe en annonçant le début prochain des hostilités!

Le temps d’enfiler le jūdōgi blanc réservé à ce moment, et c’est par 1 heure de yoga que nous émergeons à cette journée.

Je m’abstiendrai de commentaires sur ma souplesse légendaire pour vous dire plutôt la surprise que j’ai eu a me voir pratiquer certains mouvements que je pensais hors de ma portée, tel le lotus. Un lotus quelque peu tordu, mais quand même! Allez, avec quelques (dizaine d’) années de pratique!

Tout cela est suivi par un petit déjeuner aux ingrédients inédits, mais finalement goûtus et très reconstituants.

Nous remontons au parc pour poursuivre le stage. Et c’est là que les courbatures de la veille se font sentir dans les jambes, à cause de la garde très basse.

Le kihon, encore te toujours, et jamais assez, car j’ai le plus grand mal à ne pas reprendre mes réflexes d’atarashii naginata!

Puis les kata, à nouveau. Nous les répétons encore et encore, sous les conseils du Sensei qui visent à leur donner sens et vie. Les élèves avancés passent aux série ultérieures, et entre deux kata je découvre des pratiques tachi contre naginata, yari-naginata, ainsi que la fameuse kagitsuki naginata, arme spécifique de l’école, à la manipulation délicate mais implacable.

Malheureusement, l’heure de mon train de retour, et tous me font l’honneur d’arrêter la pratique pour me raccompagner, alors que la journée n’est pas terminée. Nous revenons au dōjō pour le salut et les adieux, et je dois filer à la gare.

La prochaine fois, je prendrais une montre, car j’y arrive avec une heure d’avance.

J’aurais pu rester!

Je souhaite que ce stage soit le début d’amitiés et de collaborations entre nos deux dōjō. Notre pratique moderne à sans aucun doute un supplément d’âme à y retrouver. Pour ne pas oublier pourquoi nous faisons ce que nous faisons, et revenir à la source pour y garder le sens du Combat, même si celui-ci est de nos jours l’occasion d’un cheminement personnel.

 

Plus d’informations sur Toda-ha Bukō-ryū et le dōjō Oshinkan: www.oshinkan.com

Critérium Kyu 2009

Une belle histoire de Julien


Tout commença un beau matin de prin… Nan, en fait il faisait froid, affreusement tôt et le prez’ était en retard [Note Du Prez: mais c’est complètement faux, et puis c’est même pas vrai!]. Mais on m’a bien élevé et je l’ai donc pas trop fait remarquer. Et c’était pas faute d’avoir essayé d’être moi même en retard : j’habite assez loin de Maisons-Alfort (lieu du rendez-vous), mais ce jour là, je l’ignorais encore…
Bref, une fois le mini-bus rempli, nous partîmes neuf… Point de prompt renfort : c’est également neuf(s)  que nous arrivâmes (dans tous les sens du terme, d’ailleurs : pioncer, ça requinque… Et on en avait tous besoin : se lever pour 9h le WE… Ça doit être interdit, d’ailleurs). Petite pensée attendrie pour le Vizir qui eut bien du mal à se décider : entre ses propres genoux et l’épaule moelleuse de Béatrice-Claire senseï, il ne savait plus où poser sa tête !

Après un voyage de deux heures environ, nous arrivons enfin. Sans trop se tromper de chemin, en plus (ni craquer au dernier moment : un cirque donnait des représentations… Et ça fait une éternité que je suis pas allé au cirque, moi…). Les deux questions les plus importantes du WE sont posées : Où sont les toilettes ? Et quand est ce qu’on mange ?

Le repas ne devant d’ailleurs pas tarder, on se précipite tous dans nos chambres pour se débarrasser du superflu (nag’, armures, etc…) pour se rendre au resto et tester ces fabuleux tickets remis un peu plus tôt. Bon, autant le dire tout de suite : les tickets resto, c’est pour le folklore. Personne ne les vérifie vraiment et si l’envie m’en avait pris de passer deux fois… Bref, c’est pas mon genre, heureusement.

Rien de notable, à part une sombre histoire de trafic de desserts. Pas le temps de s’appesantir la dessus (mais on y veillera plus tard…) : le stage technique commence !

Au programme du stage : de tout et de rien, tout plein de bons conseils qu’on se promet d’appliquer le lendemain… vœux pieux, bien entendu.

Après l’effort… La douche ! A cette occasion, le Vizir et moi étant de gros boulets devant l’éternel [NDP : non rien, continuez, continuez…], nous devons compter sur Xavier pour la serviette. Autant vous le dire tout de suite : une serviette pour trois, c’est pas suffisant et le dernier à passer à un peu l’impression de s’être fait enfler. Mais bon, c’est un peu sa faute aussi, hein.

Le second repas de la journée arrive et on nous annonce qu’il n’y aura pas de dessert. Ruse!

Car il y en avait, bien entendu. Plusieurs hypothèses circulent sur la raison de cette fumisterie : la plus sérieuse étant qu’il s’agissait d’un piège pour dévoiler les odieux trafiquants de dessert de Béatrice-Claire senseï. D’autres, plus fantaisistes parlent d’un anniversaire surprise de cette dernière mais ça n’est pas très sérieux… Mes yeux ne m’ont pas trahi : Martin engloutissant une multitude d’innombrables parts de gâteau au chocolat… Sans doute un des plus pénibles souvenirs de ma triste vie… Avec Matrix 3…

Ceci dit, les mécréants s’en sortent toujours et Martin peut en témoigner.

Après le repas, petite sortie à Carrouf’ : Le gâteau ça donne très soif et à NIDF, on n’aime pas avoir soif. Par contre, on aime le gâteau. On est comme ça… Et on l’assume assez bien.

De retour sur le lieu du stage, nous assistons à la fin [NDP: et ça c’est pas très sérieux, non non…] de la réunion de la Commission Naginata. J’y découvre avec amusement (je suis quelqu’un de très jovial, parfois) que les naginataka français s’adorent mais rechignent à le montrer. Ça fait plus viril.

Devant un tel déballage d’émotion, la soif nous reprend (s’émouvoir aussi, ça donne soif) mais nous tenons bon : demain, c’est une compétition sérieuse et si on veut faire honneur à notre école, on n’a pas le choix. On se couche avec les poules (comprendre « en même temps », petits futés…).

Faire passer des bouteilles d’alcool furtivement dans les chambres et les vider consciencieusement jusqu’à trois heure du mat’, par exemple, c’est pas du tout le genre de trucs qu’on s’amuserait à faire. Pas le genre de NIDF ça madame, non non non !

Et puis, de toute façon, c’est pas l’alcool le danger : c’est le sirop de fraise !

Le lendemain (dimanche, donc), à une heure que la décence m’empêche de citer ici, tout le monde se retrouve dans la salle commune pour prendre un bon petit déjeuner… Certains ont d’ailleurs assez mal aux cheveux (saleté de sirop de fraise…). Après quelques litres de café, je me sens enfin apte à me diriger vers le dojo…

Comme le disent si souvent nos sempaï : « c’est la Guerre » et ce que j’aurais appris ce jour-ci, c’est que même dans un sport présupposé « de fille » on trouve de sacrés bûcherons !

Le bûcheron se caractérise, entre autre, par son incapacité motrice à utiliser sa main arrière correctement. Du coup, il compense « légèrement » avec la main avant. La seconde caractéristique que j’ai pu noter, c’est la facilité déconcertante qu’ont certains bûcherons à faire comprendre à leur victime que c’est de sa faute s’il saigne. Après tout, c’est pas un hasard : fallait pas rester devant.

Détail amusant : le bûcheron ne dévoile sa vraie valeur que quand il peut toiser sa victime de haut. Du haut de mes 190 cm, je n’ai donc pas pu tester de la monstrueuse brutalité des phénomènes… ça avait l’air plutôt mou, même… ou alors c’était le sirop de fraise qui inhibait mes sens… Pas impossible, ça. Déçu je suis…

A la suite de cette journée (c’est plus classe que de dire déculottée, même si ça correspondrait bien plus…) j’ai appris plein d’autres trucs bons à savoir. Par exemple : il ne faut pas vérifier qu’on est bien en train de sortir du terrain. Pas en tournant le dos à son adversaire, en tous cas. J’ai essayé et le fourbe en a profité pour me coller un sune.

J’ai aussi appris que le sune, c’était bien pratique à placer/faire valider parce que ça claquait mieux. Et que du coup, c’était le coup préféré du bûcheron. Que la garde au niveau du visage n’était pas franchement une bonne garde (surtout si on considère cette petite histoire de sune favorisé par certains facteurs techniques indépendant de notre volonté…)

Bref, que le chemin pour être un seigneur de la poutre était encore long… Mais je ne désespère pas… encore !

Voilà, c’était le récit hautement personnel d’un banal 5ème kyu à sa première compétition. Le retour s’est fait à l’image de l’allée : tout le monde pionçant (même le chauffeur, c’est dire!), bien décidé à ne plus jamais retoucher au sirop de fraise !

Pour ce qui est du Naginata, cette excursion à fait un peu comme un déclic. M’a fait découvrir un monde qui, s’il n’est pas parfait, me plaît.

Coupe Tokunaga 2009 – Le Roman-Photo


-Bon c’est parti, faut vérifier les armes, les passeports, les certif’ médicaux…!
-Ben ouais mais moi j’ai faim j’ai mon sanditch…
-Ah bah p’têt mais c’est la guerre, sois fort.

Eh oui, c’est juste à l’heure que j’ai débarqué dans le gymnase Didot, fort commode commodité sportive de plain-pied du XIVè arrdt de Paris, fier de mon timing serré mais néanmoins parfait.

Mais il était bien visible que la motivation et le sens de l’organisation avaient déjà amené la plupart des autres participants sur les planches en avance.

En tenue, voire en armure, les combattants de cette Coupe Tokunaga s’échauffaient déjà. Une tension, une anticipation fair-play mais palpable baignait le Dōjō.

De son côté, la sous-commission sportive de la Commission Naginata du CNK (c’est-à-dire ce jour Sylvie, Agnès et Martin!) s’affaire. Leur effervescence et leurs jolis rouleaux de scotch blanc attirent bientôt quelques amis, et le shiai-jo fut tracé ! Enceinte désormais sacrée, gare à qui le foule avant le début des hostilités !!

Pendant ce temps, le corps arbitral se concentre.

L’échauffement se poursuit, avec plus ou moins de sérieux :

La Belgique:

L’italie

La Hollande

Limoges

Mais rapidement, les frontières tombent, et c’est en Européens partageant la même passion pour le Naginata et l’humour raffiné que cet échauffement se termine :

L’attente est à son comble, les nerfs à vif !
Il est temps d’y aller, tous en ligne !!

Et ce ne sont pas moins de 29 combattants qui vont participer à cette journée !

Et soudain, ce fut la Guerre !

NIDF a dépêché trois de ses plus vaillants Samurai-Mariachis :

Bouggy !!!
Dont c’est le grand retour ! En forme, chaud, mais pas fatigué !

Guillaume !!!
« J’aime le bruit du drapeau blanc au bord du shia-jo… »

Le Prez !!!

(eh oui quand on rédige l’article on peut mettre des photos bien flatteuses !! NIDF Pawa !!)

Bouggy ouvre les hostilités. Malgré un Seme à ébranler les montagnes et de nombreuses invocations sonores du Cochon de Feu, Dieu tutélaire yvelinois de la guerre, il s’inclinera sur un Sune face à Jonathan. La défaite n’est pour lui que l’augure d’une victoire future, car le voici décidé à méditer et s’entraîner sans relâche dans ses Forêts de l’Ouest, attendant l’illumination de son Tengu (la Poule de Houdan ?)


Le Prez affronte d’abord un guerrier Italien aux techniques ancestrales (Stefano). Ensuite, l’absence de Tim lui laisse un goût mi-figue mi-raisin : certes la confrontation lui aurait plut, en souvenir de l’Open Cup, mais quant à l’issue… Il s’esquive donc jusqu’à Lorenzo (encore l’Italie !!).

Une vidéo de ce combat circule sur internet, mais le Prez dément : si si, on lui a bien appris la garde Chudan !!

Voici les ¼ de finale, et c’est avec Tyl ! Et malgré la photo trompeusement avantageuse qu’on voit plus haut, il tombe à son tour, une jambe en moins et le crâne fendu !!

une tentative de Nuki vertical des plus originales !

ça va faire mal !!…

Pendant ce temps là, Guillaume fait merveille ! Après Roberta, il venge Bouggy en éliminant Jon.

Puis le voilà face à Andreas, le Khan de Germanie. Rude combat où Guillaume prévaut sur un Sune. Mais son périple n’est pas fini ! En effet, le voici désormais en demi-finale, face à Tyl. Saura-t-il faire mieux que le Prez ?


Pour cette année, l’aventure de NIDF à la Coupe Tokunaga s’arrête là. Un Sune et un Men arrêtent Guillaume dans sa splendide course. Il sera tout de même déçu de ne pas affronter l’autre « 3e ex-æquo », Philibert. C’est vrai qu’on eût aimé voir ce combat !!

Pour se consoler, il a droit à la bise du Sensei.

Epilogue

La 夢 ティーム du jour Philibert et Guillaume (3e ex-aequo), François (2e) et Tyl (1er) (même si là Franz tient la Coupe, tentant honteusement de profiter de la ressemblance!…)

Cette journée exceptionnelle. Ce fut aussi la Coupe Jacques Mercier, mais ceci est une autre histoire.

Au revoir, à bientôt…

Post-scriptum

Coupe de Paris 2008

épopée contée par Baptiste


Ceux qui sont zélés dans l’art de la guerre cultivent le Tao et préservent les régulations ; ils sont donc capables de formuler des politiques de victoire.

Sun Tzu

“POUUUUUTRE !”

Spectateur anonyme

Avec du retard, voici donc les Highlights de la coupe de Paris 2008, disputée cette année devant la baie vitrée du Gymnase de La Plaine.

Dans une atmosphère surchauffée, les teams “Les fromages qui puent”, “Kokoro”, “Les mammouths”, “USML”, “Les trompettes de la mort”, “Hard gay”, “Met le doigt”, “Spirit of poutre”, “Kamchatka”, “Chanbara team” et “Kenichiro” se disputaient une fois de plus le tant convoité trophée lutécien et son pendant non officiel du nom d’équipe le plus débile 🙂 (le jury n’a toujours pas tranché en ce qui concerne cette dernière catégorie…)

Pour l’occasion, NIDF dépêcha 3 de ses plus redoutables guerriers : Le Prezident en Personne, le Vizir (fidèle et sournois secrétaire), et l’outsider du jour Martin. Alain s’est gentiment, mais à regret, sacrifié pour arbitrer plutôt que de combattre. Idem pour Agnès, grande prêtresse assermentée des arbitres de tables, chronométreurs et Gentils Organisateurs. Il fut alors décidé que Martin rejoindrait les rangs de “Met le doigt” pendant que le Prez combattrait aux côtés de “Kenichiro” et que le Vizir restait colistier attitré de “Spirit of Poutre ».

On rappellera ici qu’une équipe en lice pour de la Coupe de Paris se compose de 5 membres : idéalement 2 kendoka, un manieur de naginata, un iaidoka (qui en découd avec l’un de ses pairs, sur des kata tirés au sort) et d’un bretteur à la vive mousse, le pratiquant de Sport Chanbara.
Rituellement, une Coupe de Paris commence toujours par un “ah non, pas eux…” adressé de bon matin aux gens d’NIDF par des kendoka soudain soucieux pour leurs genoux ainsi que leurs malléoles. Rituellement, une Coupe de Paris, c’est aussi la foire du Sune-ate qu’il faut mettre puis enlever à chaque combat aux kendoka qui ne savent pas s’habiller tout seuls…

“J’aime ces moments là ; on est là, tous ensemble ; les armes sur le sol ; les regards qui se croisent ; c’est toujours les mêmes gestes ; d’abord la jambe gauche… toujours ; pli du hakama, himo ; puis la jambe droite ; et puis une gorgée de tequila… … toujours”

“Spirit of poutre” s’effrite finalement assez rapidement et ne sait pas sortir de sa poule de 3. Le Vizir y met pourtant le nez et la patate et se jette corps et âme sur ses adversaires, mais cela ne change pas le résultat final de l’équipe qui finit la journée sur les gradins. “Met le doigt” et “Kenichiro” s’en sortent mieux et sont toujours présents sur les shiaijo après la pause déjeuner. Le Prez, alias Jean Grégoire pour la journée (mais où vont-ils chercher tout ça ?), trouve des ouvertures sur kote, hardiment critiquées par son “pourtant-ami” Vizir vitupérant sur la largesse du corps arbitral (ce qui ne veut pas dire que les arbitres étaient tous gros, mais bien qu’ils semblaient larges à notre secrétaire) depuis le bord du shiajo. Malheureusement, “Les trompettes de la mort” mettent finalement un terme au parcours pourtant si vaillamment mené de “Kenichiro”.


Seul avatar de l’entité NIDF encore debout, Martin tient, ploie mais ne rompt pas; il “Met le doigt” véritablement, et le spirit avec, après une moisson abondante de points d’expérience dans la matinée, récompense de son tsuki victorieux au Yari face à un kendoka combattant au Choken Morote dans un duel à mort de Chanbara. Concertation, hésitations et décision passées, on lui attribue un sobriquet à la mesure du geste et il faudra donc désormais appeler Martin “Fatal Tsuki”, plutôt que Martin.


Malheureusement, la “Chanbara team” eut finalement raison de “Met le doigt” dans l’après-midi ; mais les faits d’armes de Fatal Tsuki resteront à jamais gravés sur les tablettes. Your legend will never die.

Au final, après une journée de compétition, le trophée va aux “Hard gays”, suivis sur la seconde marche par “Les fromages qui puent” puis “USML” ex-æquo avec une “Chanbara team” en bronze plutôt qu’en mousse. Un grand bravo aux compétiteurs, organisateurs, arbitres et teneurs de table, et aux spectateurs. La journée s’achève sur les traditionnels Jigeiko (“mêlée générale fair-play”, dans la langue de Molière).


En guise de conclusion, la pensée du jour, recueillie au hasard : “Autant l’ambiance est au bordel quand se mesurent entre eux chambaristes, kendoka et naginataka, autant il règne un silence respectueux au moment de la compétition technique de iaïdo. Tout le monde demeure le souffle coupé, le temps suspendu à la lame qui retourne à son fourreau. »