Naginata Île-de-France

Le Naginata à Paris

Deniers Articles

N’est pas mort ce qui s’entraîne fort!!

Résurrection de rentrée en forme de teaser

Brisons-là le silence de ce blog depuis nos aventures télévisuelles! Silencieux mais pas inactifs, les valeureux Samuraï-Mariachis ont passé les beaux jours du printemps et de l’été à sillonner la France, et même l’Europe pour pratiquer et partager le Naginata avec passion!
Bientôt ici, le récit d’une odyssée en terre batave, avec de vraies Krokette dedans!

Les aventures en Médoc pour le stage d’Hourtin.

Le récit et les résultats du Championnat de France, moment historique!

La folle frénésie de l’édition 2010 de la Japan Expo.

En exclusivité, un morceau d’histoire et de nostalgie, avec notre participation à l’ultime stage d’Anduze.

Et aussi en cette rentrée, deux furieuses au Médoc Taikai!

Championnat de France 2010-06-26 409_2

Gяuит!


Crédits photo: L.Bannwarth

Album – Tournage Télématin

Quelques images du tournage pour la rubrique sportive de Télématin, avec Grégoire Tournon. Tourné le 11 décembre 2009.

Le Naginata à la télévision!

Un jour de novembre, nous recevons un message de Grégoire Tournon, journaliste sur France 2.

Animant une chronique sportive dans Télématin, lui et son équipe vont régulièrement à la rencontre de pratiques rares et originales, pour les faire découvrir. La méthode est simple et originale: l’équipe rend visite au club et Grégoire essaie la discipline en question!

Ils préparent un reportage « J’ai testé pour vous le Naginata »!

C’est en décembre que tout ce concrétise. Cécile Hamot sensei, NIDF et son sensei Alain Guillaume, le club de Boussy St-Antoine, sous l’égide de la Commission Communication, accueillent l’équipe pour le tournage dans le dōjō de Maions-Alfort. 3h de pratique décontractée mais studieuse!
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Voici le résultat (diffusé le samedi 5 juin 2010)

Et quelques photos du tournage

Critérium Kyū 2010 Monogatari

Chanson de croisade du troubadour Martin


Critérium Kyū 881-copie-1

Week-end à Limoges
Le train au petit matin
Déjà cette heure-là ?!

Ainsi s’ouvre le chapitre CCLXVII du Dit d’NIDF, considéré par les exégètes comme rapportant le critérium kyu 2010.
Rappelons rapidement le contexte historique : le critérium kyu, c’est une compétition annuelle réservée aux seuls kyu, c’est-à-dire interdite aux pratiquants possédant un dan. L’occasion de se mettre sur la gueule comme les grands tout en ayant une chance de ne pas se faire sortir dès le premier tour de la compétition, et de rentrer fièrement chez soi avec une médaille sur laquelle il n’y a pas marqué « équipe ». Bien sûr, à NIDF, on est humbles et on n’aime pas la gloriole, donc on y va essentiellement pour le stage du samedi après-midi, ouvert aux participants de tous niveaux.

Critérium Kyū 882

Du coup, c’est un groupe hétéroclite qui se retrouve finalement dans le train pour Limoges à l’aube blanchissante ce samedi : Thibaud et Guillaume venus aider à l’organisation générale de l’événement, Hélène, Julien, Sandrine, Julie, et votre serviteur après une course acrobatique sur le verglas pour attraper le train. Train qui au final n’avait pas bravé le froid, lui, le vil, et s’était fait remplacer par un autre avec trois fois moins de wagons. Point positif : tout le monde a donc pu se rassembler dans le même wagon. Le club de Maisons-Alfort nous avait même envoyé une délégation pour la circonstance en la personne de Morgane. Ce qui a rendu le voyage distrayant à défaut d’être reposant.
Une fois tout le monde bien distrait, nous arrivons en gare de Limoges vers midi et nous sommes immédiatement escortés jusqu’au Chéops par Chloé et Jean-Mathieu.

Critérium Kyū 880

Nous y retrouvons tous nos amis noctambules ou presque qui étaient déjà arrivés par le train d’avant : Alain, Sandrine venue représenter le club de Boussy-Saint-Estève, et encore plus de Maisons-Alfort (Sylvie, Nada et Fanny). Sans oublier la commission sportive d’alors, Agnès, venue repérer le terrain dès le jeudi. On ne perd pas de temps, on pose les affaires dans les chambres et on attaque les affaires sérieuses : le repas de midi. Ben oui, il fallait bien emmagasiner de l’énergie pour parcourir les quinze mètres de campagne sauvage et enneigée qui nous séparaient du gymnase! Ça rigole pas Limoges.
Tout le monde est dieu merci arrivé sans encombres et ça a été l’occasion de découvrir une sacrée surprise : en plus des bordelais du Bouscat et de Mérignac, il y avait des limougeauds à ce stage.

Critérium Kyū 884

Limoju no Naginata!

Qu’il soit donc écrit dans les chroniques du naginata français que ce n’est pas une légende urbaine : il y a bien des naginatakas à Limoges en plus de Chloé et Jean-Mathieu (et Martine bien sûr), je les ai vus de mes yeux. Ils sont même sympas et pas manchots. Rien que ça, ça donnait à ce stage une dimension de quête initiatique avec révélation à la clef.

Echauffement de type dynamique, par JiMMais nous ne nous sommes pas laissés perturber et après un échauffement de type dynamique, nous avons commencé le stage sous la direction de Martine, Alain et Dominique. En plus des grands classiques habituels (des lignes de men ou des uchi kaechi sur un seul kiai), nous avons eu droit à quelques exercices moins fréquents mais plaisants aussi, comme le célèbre furikaechi dans une allée humaine ou plusieurs exercices de chassés après parade, et même des séries de do en fin de séance. Bon, pour les do, j’attends toujours de comprendre comment on en passe un en combat, mais c’est sympa qu’il n’y ait pas de ségrégation entre les coups comme ça. Pendant les stages, je veux dire. Ce serait sympa aussi en compèt’ d’ailleurs…

Une fois le stage mené à son terme, les anonymes de la commission sportive prennent le temps de tracer les shiaijo du lendemain, généreusement assistés par les limougeauds pas fantômes. On rigole on s’amuse mais au finalement l’heure de se repencher sur des problèmes sérieux arrive : direction le repas du soir. Celui-ci se déroule dans une ambiance festive, puis c’est la phase de préparation pour le lendemain : montage collégial de lames sous la direction technique de Thibaud, puis on papote sagement et sobrement avant d’aller se coucher pour être en forme au réveil. Limite trop sobrement dans le cas de Morgane.

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Morgane se prend deux scotch!

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The Crew

Bref, après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner (je suppose, je ne suis pas du matin personnellement), on se retrouve autour du shiaijo pour se mettre joyeusement sur la gueule, sous l’œil bienveillant des dans et du staff limougeaud (et de l’amicale des jeunes footballeurs locaux venue jeter un œil).

Les jeunes ouvrent le bal et c’est Nada qui finit reine de la promo. On enchaîne sur la compétition adulte et là c’est la rafle pour NIDF : Sandrine partage la troisième place du podium avec Thierry de Limoges, Hélène s’empare de la seconde place et votre serviteur profite d’une opportunité unique de rafler l’or en individuel (unique dans le sens où elle ne devrait pas se représenter avant un paquet d’années…). Je tiens à remercier mon papa, ma maman, Martine pour ses bons conseils et les exercices de la veille que nous avons essayé de mettre en application, Alain pour sa révélation sur le combat utile en stage équipe de France… Et surtout à féliciter Hélène et Sandrine dont les combats ont été particulièrement prometteurs tout du long !

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Enfin, on finit la matinée par une agréable compétition par équipe tous âges confondus, qui a vu s’affronter les Cochons de feu, les Pingouins en colère, les Poutreux et les, enfin, le ? Fouiiiiin ! Tout le monde s’est bien amusé, les Cochons de feu ont pris la première place et les vaches ont été bien gardées.

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Après la remise des prix, il restait une mission sacrée à remplir pour les braves guerrilleros : prendre des photos débiles en train de pratiquer (enfin, euh… d’en donner l’impression… pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas…) dans la neige, bien sûr ! Aussitôt dit, aussitôt fait, et deux ou trois roulades d’Agnès plus tard, tout le monde était enfin prêt à se diriger vers un repas de midi bien mérité. Après avoir réglé ce dernier détail, les samurais mariachis sont repartis en ordre dispersé, qui en train, qui en voiture, une fois rendez-vous pris pour la coupe technique Simone Charton à Bordeaux.

Critérium Kyū 924


Voir l’album-photo du week-end

Kamae, Taisabaki, la partie et le tout

En français, hérité de l’Escrime, on emploi le terme de « garde »  pour désigner en Naginata la notions de Kamae. De même, il est courant de traduire et donc d’enseigner Taisabaki en terme de « déplacement ».

Plongeant dans le détail du sens des mots japonais, et donc des kanji (idéogramme japonais), quelques éléments sur le sens de ces concepts, et la façon de les envisager ici et là-bas? ズ!…

Kamae – 構え

Le kanji 構 à un sens que l’on peut exprimer par établir, installer, bâtir, prendre position. On le traduirait aisément par posture. Ainsi, la garde n’est pas que la position de l’arme par rapport au combattant, mais le placement, l’établissement du combattant sur le terrain avec son arme. Le corps est compris, le corps est Kamae.

Taisabaki – 体捌き

体 : le Corps. Le kanji 捌 exprime l’idée de gestion, de manier, de manœuvrer ce corps. Ici encore, la notion de déplacement s’élargit et englobe la manière dont le combattant manie son corps dans la pratique, le résultat étant le déplacement.

Idéogramme

Si le sens d’un mot japonais peut approfondir notre réflexion les notions que nous utilisons et enseignons, il peut nous faire réfléchir sur notre tendance à prendre le tout comme une somme de parties, à se focaliser sur ces parties. À considérer par exemple Kamae, la Garde, comme simplement la position de la Naginata; à ramener Taisabaki aux mouvements des jambes (ashisabaki), des pieds, pour bouger.

Que disons-nous quand nous parlons des épaules, des mains (Te no uchi?), des pieds, du mono-uchi, de l’arme, des hanches…?

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Drôles de Dames et Lycéens – Démonstration du 17 novembre 2009

Car c’est bien sous le double signe de la Jeunesse et du Sport Féminin que NIDF a mené cette démonstration!

Montée grâce à Sandrine et Mme Rousseau (le professeur d’EPS), cette démonstration accueillait les élèves de l’AS du lycée Hôtelier Guillaume Tirel (XIVe).

Agnès, Chloé, Sandrine et Tatiana avaient répondu présentes pour faire découvrir le Naginata à ces jeunes gens qui se révélèrent intéressés et curieux. Quant à moi je serais leur Bosley!

02Le Gymnase Municipal Alice Milliat donnait un cadre parfait, tant par son équipement que sa symbolique. En effet, la venue d’une délégation féminine, présentant cet art martial pratiqué par les femmes depuis 300 ans, dans ce lieu portant le nom d’une des pionnières les plus passionnées du sport féminin, fut une occasion unique et riche de sens.
Le parcours, la dévotion, voire le combat d’Alice Milliat pour développer le sport féminin ne sera pas sans rappeler l’investissement d’une autre pionnière d’exception, Simone Charton, Fondatrice de notre Club.

03C’est donc vers 17h ce mardi que Chloé, Sandrine et Tatiana se retrouvent au Gymnase pour un échauffement en attendant les élèves. Agnès les rejoindra plus tard, pour la partie « en armure ».
L’ambiance animée des cours qui se déroulent autour d’elles (badmington, escalade sur un des plus beaux murs de la capitale) contraste avec l’habituelle confidentialité de nos cours.
Espérons que des yeux curieux auront saisi quelques images de notre art entre cordes et  volants!

05Les spectateurs du jours arrivent, et après avoir rencontré les enseignantes d’EPS nos hôtes, nous entamons une présentation du Naginata, son arme, son histoire, sa tenue…

06Après un bref historique donc, place aux shikake ōji waza démontrés par Sandrine et Chloé.

08« Quand est-ce qu’elles se battent!? » réclame-t-on dans l’assistance!
C’est après les explications techniques et le sens des différents mouvements, que les trois Onna musha, revêtues de leurs bōgū, vont montrer la puissance et la finesse de notre façon de combattre.

14Si la Naginata avait quitté les champs de bataille à l’orée de l’époque Edo, c’est surtout à cause de nouvelles techniques de guerre. Cette arme de grande taille et nécessitant une certaine habileté était devenue moins pratique dans les bataillons en rangs serrés; et armer ces hommes de lances était alors devenu plus rentable et efficace (moins d’acier, moins d’entraînement).

17Elle fut peu à peu considérée comme arme des femmes de la classe des Būshi (« guerriers », les fameux Samurai). Souvent symbolique et ornementale, pièce de dot, elle l’était aussi en tant qu’arme de duel, elle correspondait plus aux besoins de ces femmes amenées à faire face à des envahisseurs du château en temps de conflit.

16On dit souvent que la Naginata est aussi devenue arme de ces femmes-guerrières grâce à son maniement qui requiert plus de technique que de force. Cela semble une vision quelque peu stéréotypée de la situation. La forme de l’arme s’est certes adaptée à de nouvelles situations de combat (espaces réduits, armure plus légère, duel…), mais toute personne ayant un jour eu en main une véritable Naginata, époque Edo ou non, vous affirmera que ces guerrières de la fin du moyen-âge japonais devaient être tout de même de belles athlètes!

19Agnès rejoint le groupe qui propose alors une initiation. Et ce sont 4 jeunes hommes qui relèvent le défi: apprendre et enchaîner l’uchi-kaeshi (échange de frappes basiques) avec les 3 Mousquetaires désormais bien au nombre réglementaire de 4!

21Plutôt doués, ils y parvinrent sous les encouragements de leurs camarades. Les conseils bienveillants de leur partenaires n’épargnèrent pas la rigueur de la conduite martial, le temps de ce combat formel.

Nous souhaitons que cette rencontre ait éveillé la curiosité des jeunes gens qui nous ont  témoigné leur intérêt par de multiples questions.
C’est pour nous une expérience à reproduire sans aucun doute!

Enfin, nous souhaitons que là frémissent les indices d’un développement du Naginata Parisien, en direction de la Jeunesse et aussi du Sport Féminin, que cet art semble des plus à même de représenter. Et que nous sommes impatient de pouvoir réaliser!…

voir l’album-photo de le démonstration

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La Bohème – Épisode I – Stage INF à Prague sept’09

« Ce qui est trop clair n’est pas intéressant »
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne
qui a connu le goulag

Prologue – On est à fond

Tout avait commencé il y a fort longtemps, lorsque les petits papiers et autres feuilles d’inscriptions sont parvenues en France:

« – Y va-t-on? Y va-t-on point? »
La réponse sera oui, on y va (rappel: on est à fond!).

Les plus malins et prévoyants d’entre nous achètent fort à l’avance des billets forts avantageux auprès d’une compagnie dont on tait désormais le nom. Ces formalités réglées, la saison, puis l’été suivent leurs cours…

C’est la reprise! Mois de septembre, dojo repeints de neufs, armoires à bougu fleurant bon le… Prague est évidemment l’événement de ce début de saison!
NIDF sera cette fois-ci représenté 4 de ses séides, et non des moindres: Agnès, Guilllaume, votre serviteur, et la nouvelle venue, transfuge pour quelques temps et des raisons administratives (à moins que ce ne soit le glamour du très select club parisien), Chloé.

Acte I – Les avions aussi coulent

Et un début d’aventure en forme de grosse trirème et de bien mauvaise surprise! Quelques jours avant le départ, on apprend que la compagnie aérienne dont on tait désormais le nom à tout bonnement… déposé le bilan!

Voilà les français (du moins côté CNK) bien marris: tout le monde ou presque avait pris ses billets chez eux! Seule Agnès a échappé au naufrage, vive l’Autre Compagnie Qui Nous Sauva (presque) Tous.

Re-question, angoisse, interrogation:
« – Y va-t-on? Y va-t-on point? »

La réponse sera, en ce qui concerne en tout cas NIDF: oui! (rappel…!)

Guillaume sera malheureusement victime de dates de vol incompatibles et du coût exorbitant auquel se monte désormais le voyage. D’autres également baisseront les armes devant l’achat d’un autre billet. Et puis y’en a d’autres, mais bon…

Nous décidons donc de changer de nom pour échapper aux tueurs à gage des banques, de vendre un rein et d’y aller, en vert et contre marées!

Acte II – Low Cost

Alors le terminal des compagnies low cost de Roissy (le 3) c’est pas les ors du terminal 2 en partance pour des destinations exotiques tels la Corée! Un grand hangar, des agent d’escale qui font la tronche…
On se met dans l’ambiance avec un casse-croûte heineken-jambon-beurre!

sur cette photo, un Fox

Épreuve n°1: on a ouï l’histoire de celle qui est revenu du Japon avec des naginata achetées là-bas, et qui a dû payer 320€ des frais parce que ça dépend, et si ça dépend, ben ça dépasse…
Le choix fut fait d’y aller « à ouf » comme on dit à Marseille, et puis on voit. Les 2 armures sont bourrées avec le reste dans un sac qui fait 1m10 de long et ses bons 31kg, et les étuis de naginata sont joliment assujettis par du scotch « Hello Kitty » du plus bel effet! Ben quoi, ça fait un bagage par personne?!

Pesée, accueil mal-aimable de l’agente d’escale mal payée… Ça passe!!
Nous nous dirigeons vers l’espace lounge (celui où on s’allounge) pour goûter cette victoire modeste mais de valeur (320€!)

Appel, bus, escalier mobile, et nous voilà dans le zavion. Agnès nous a précédé aux aurores. Pas de nouvelles, pas de nouvelles, mais la compagnie est toujours debout, l’avion a des ailes, que demande le Peuple!?

LA SUITE AU PROCHAIN NUMÉRO!!!

Gasshuku – Saitama, Juin 2009

Ce dimanche 21 juin, un choix difficile nous était offert: Disneyland Tokyo ou Gasshuku à Saitama? Avouez!…

¿Qué es un Gasshuku?

Vite dit, c’est en général un stage de plusieurs jours à l’extérieur. Je laisse Baptiste détailler si besoin les finesses du sens de cette expression. Globalement, on prend le train et on se met dessus !

Revenons à notre dilemme. Quoique, la perspective d’une journée entière de naginata l’a vite emporté ! Et c’est avec enthousiasme et entrain que l’on a répondu « fais péter » quand les sempai de l’IBU nous ont proposé d’y aller…

…Ce n’est qu’un peu plus tard qu’on a appris un minuscule détail : Saitama c’est loin, et on y va en train ! Chers amis, ce sera donc le train de 4h25 à la gare de Katsuura !

Mais comme on est pas venu au Japon pour acheter des rizières, nous voilà descendant la route qui mène de l’Université à la gare (et inversement, sauf qu’à ce moment là ça monte, ce qui fait toute la différence), avec armes et armures.

Bon point, on arrive les premiers, malgré l’avantage des étudiants munis de scooter ! héhé !

Et c’est parti. Un arrêt à Onjuku où Baptiste nous rejoint, et nous voilà embarqués pour 3h30 de voyage, avec moult changements. C’est comme aller au CHEOPS pour une journée, finalement!

Et là aussi, on arrive les premiers !

Or donc, le Budōkan de Saitama, complexe sportif préfectoral dédié aux arts martiaux, c’est pas la MJC de Consly ! J’ai appris un nouveau mot anglais que me plaît beaucoup en ce moment, c’est “flabbergasted”. Et bien flabbergasted je fus en entrant dans la main arena !

C’est beau et grand! Le complexe comprend également 2 dojo annexes, 2 kyudojo (un long distance et un normal), 2 arènes de sumo (une intérieure et une extérieure).

La dite main arena est bien sûr un immense dojo carré, au plancher uniquement décoré de discrètes marques indiquant où coller le scotch d’éventuels shiaijo (plus besoins de décamètre et de 12 peons pour en tracer un 😉


Mais bon, on est pas venu pour planter des bambous, et bien qu’ayant quasiment une heure d’avance (merci le train de 4h25) on déballe le matos, pose les armures en rang. Chloé en profite pour étrenner son zekken tout beau tout neuf et honteusement classe.

Plan de bataille annoncé par Baptiste dès le début : dès que Suzuki Sensei s’approche de son armure, aller se planter devant lui et onegaishimasu ! OK !

Parce que bon oui en fait, Saitama, c’est le fief de Suzuki Sensei. Et cet homme là, c’est un peu une légende du naginata, X fois champions de tout de qu’on veut (Japon, Monde,…), une sorte de mythe. Pour vous dire, quand j’étais petiot aux premières rencontre internationales à Paris, c’était déjà un ogre !

Le matin, c’est kihon et engi. Suzuki a des exercices amusants en plus d’être instructifs, dont certains consistent par exemple à parcourir le dojo avec un tenugui plié en 8 juché sur le sommet de votre tête, et ne pas le faire tomber. Furikaeshi compris, si si !

Bon alors bien sûr, je parle japonais comme vache qui pisse, donc les explications techniques m’échappent quelque peu. Mais j’ai Chloé et Baptiste qui me traduisent, alors je fais semblant et j’attends.

Le hall est rempli de lycéens, auxquels ce gasshuku est réservé. Quelques étudiants et sommités du naginata (championne du Japon, etc..) agissent en qualité de sempai. Nous somme bien 60-70 dans ce petit gasshuku de banlieue !

Après le travail de engi avec moult partenaires tous plus motivés qu’âgés de maximum la moitié de mon âge, c’est la pause. On en profite pour aller mater des vieux messieurs à moitié nus avec des arcs.

Fi ! bande de gérontophiles, il s’agit bien sûr d’un entraînement de kyudo, vraisemblablement un compétition ou passage de grade senior.

Poufpouf! Onigiri et Aquarius au déjeuner, petite pause et on y retourne, car après, « ceux qui mettent le Men le mettent » comme avait sibylinement annoncé Suzuki Sensei avant le break! Ça tombe bien, on en a, et le mien est tout neuf de la veille (on se barde ici, c’est Noël) et on a même les armures qui vont avec!

Après le traditionnel kihon datotsu, Suzuki axe le travail de ce début d’après midi sur le fumikomi men, ou men direct, comme on dit en Vendée. Et c’est là qu’on voit le souffle qu’apportent ces jeunes sensei masculins au pays où le naginata est souvent une affaire de respectables dames (comme dirait Ebisawa Sensei). Expérimentations, essais, crossover avec le kendo, ici on achète tout et on teste sur le terrain. Le tout dans une ambiance décontractée.

Bref, on se met dessus. Les keikogi sont rapidement à tordre, surtout quand s’ouvre la sessions jigeiko ! Je suis même surpris de voir de la sueur sourdre à grosses gouttes de mes kote himo (ces ficelles qui nouent les kote) en les resserrant !

Baptiste en fin renard qui connaît bien le terrain, laisse à peine le temps au sensei d’attacher son men. Les voilà partis pour du gros jigeiko qui résonne par dessus les cris des lycéennes. Chloé invite et est invitée à tours de bras. Moi, ben je leur fais un peu peur aux jeunes filles, sauf à celles avec qui j’ai travaillé le matin. Alors après, je passe en revu les gars, tous élèves de Suzuki Sensei au club du lycée. Y’a de l’avenir par là !

Bref, qu’est ce qu’on se met!

Même les gamins en veulent comme des lions !

Mais régulièrement, je jette un œil sur file d’attente des candidats au jigeiko avec le MC du jour. File qui s’allonge après le passage de Baptiste, et qui ne semble pas vouloir diminuer. J’échange encore quelques invitations avec les lycéens, puis me décide à aller faire la queue pour la fessée !

Bon alors c’est sûr, poireauter 30 min alors que les autres continuent à se mettre dessus, c’est frustrant. Mais on est aux premières loges pour voir Suzuki Sensei à l’œuvre. Calme et toujours composé, lâchant ici et là kake-goe (oui, vous aussi lisez Kendo World et apprenez des nouveaux mots pour briller en société et au Scrabble) audible malgré la cohue, il alterne kakari-geiko ou jigeiko selon le partenaire. Et soudain, par un bref et extrêmement énergique mouvement de  hanches, la naginata vole et poum ! Men !

C’est mon tour, et je décide de… rien ! Faire au mieux. Je ne me suis jamais battu contre ce gars qui était déjà proto-champion du monde quand je débutais, et qui n’a pas encore 40 ans!

News at 11, le combat est filmé par Baptiste et c’est la fessée prévue. Sans douleurs: il est toujours trop loin quand j’attaque, toujours assez près quand il me saute dessus. Le grand moment: un maki-age (je t’enroule ta naginata et elle vole) me fait lâcher la main avant. Il me met 3 men et un sune avant que je puisse la récupérer.

Mais bon, j’ai la classe dans ma nouvelle armure, c’est l’essentiel !!

Le stage approche de sa conclusion. Au loin, Chloé en découd avec Kurogawa, qui est ou fut Championne du Japon a moult reprises.

Le sensei annonce la fin des hostilités, on tombe l’armure et on s’aligne pour le salut final ; je n’entrave toujours rien aux commentaires délivrés à l’assistance sur le stage, et peut donc consacrer mon attention à me mettre en seiza suffisamment loin de la personne devant moi, sous peine de plonger dans son centre à chaque zarei, ce qui est vu comme inconvenant! Car oui, même dans un dojo aussi grand, la foule ne s’aligne sur pas moins de 3 lignes face au Sensei en cette fin de gasshuku.

On range ! Baptiste négocie la douche avec les sempai, et c’est un succès: on échange un remballage de chez speed et un restau contre une bonne douche et la promesse d’appeler la sempai pour lui dire qu’on en s’est paaaas perdu (rappelle, ces jeunes gens ont maximum 21-22 ans !). La suite se révèle doublement cocasse: d’abord les douches sont froides, mais ensuite on se rend compte que nos camarades de classe sont encore en train d’attendre le bus quand nous sortons, du persil entre les doigts de pieds, après les douches, le pliage de hakama, la causette autour d’un coca bien frais !

l’Odyssée commence, avec un timing des plus pourris, qui nous contraint à changer 6 fois de train. Les guerriers sont de moins en moins vaillants après cette journée et c’est un exploit qu’il y en ai au moins un de réveillé pour signaler les changements de train !

Home Sweet Home au Kaikan à 10h du soir, le bento est notre ami. Je m’endors au milieu de la pièce tout habillé alors que je lis un Kendo World.

Qu’est ce qu’on s’est mis !