Naginata Île-de-France

Le Naginata à Paris

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戸田派武甲流薙刀術 – Naginata traditionnel à Toulouse

Répondant à l’invitation de Pierre Simon Iwao Sensei, du dōjō Oshinkan, relayée par Laurent, j’ai pris le train en ce gris samedi 21 février pour Toulouse.
La motivation commence là, car il ne faut pas moins de 5h de train pour rallier la ville rose, et le stage commence à 13h30.

Le temps est splendide à mon arrivée, ce qui laisse augurer un stage agréable: je sais en effet que nous pratiquerons dehors.

Hôte prévenant, Laurent, l’un des Sempai du Dōjō, est venu me chercher pour me montrer le chemin.
Nous grimpons les quelques rues tout en devisant du temps et  de l’étiquette à observer pendant le week-end.
Car ce n’est pas un simple stage sportif auquel je viens participer (avec les coutumes païennes que cela suppose chez NIDF! ;P ). Le dōjō Oshinkan est un véritable dōjō traditionnel, et nous y vivrons tous comme Uchideshi d’un week-end. Ainsi par exemple, le vouvoiement sera de règle comme marque de respect entre les pratiquants.

Arrivés au dōjō, Laurent me fait les honneurs en me montrant les lieux, les armes, m’expliquant au passage les significations et us.

Situé dans un ancien atelier de couture, la salle est petite mais toute en bois et bon plancher. Et comme je m’en rendrai compte de manière saisissante un peu plus tard, ni chauffée ni isolée. Les râteliers d’armes, le kakejiku, les kafuda , les makiwara, tout cela tranche agréablement avec les gymnases où nous avons l’habitude de nous entraîner. Quelle chance d’avoir une salle pareille!

Le tour du propriétaire terminé, nous passons au vestiaire (chauffé, lui) pour nous mettre en tenue. Comme souvent, à nouveau lieu d’entraînement, nouveau nœud de hakama! Et Laurent rafraîchi ma mémoire sur un nœud de obi plus traditionnel que mon interprétation de l’exercice que l’on peut qualifier de… contemporaine.

Et que fait-on en tout premier dans un dōjō? Le ménage!

Passer le balai et la serpillière sont tout autant d’occasion de commencer à entrer dans la pratique. Plutôt que de balayer dans le simple but d’enlever la poussière, pourquoi ne pas commencer à se poser dans son centre, son tanden, relâcher ses épaules pour des mouvements réguliers, sans à-coups ni rupture. Et on passe la serpillière à la japonaise: hakama relevé, on la pousse devant soi avec les deux mains plaquées dessus. Cela peut s’avérer un peu technique, surtout quand on est grand!

Tout cela permet d’attendre les derniers membres du dōjō.

Vient le moment au Laurent m’accompagne aux râteliers pour le choix des armes. Un bokutō, et surtout la Naginata!

Oshinkan est le seul dōjō en Europe à pratiquer Toda-Ha Buko Ryu Naginatajutsu. Ce koryū prend ses racines dans le Japon du XVe siècle, avant de devenir une école où la Naginata est l’arme principale au cours de l’ère Edo.

En ce temps-là, pas de normes sportives sur la taille et le poids des armes évidemment: on choisit celle qui vous va. Une naginata est à la bonne taille si, levant le bras, vous pouvez en toucher la pointe en position verticale.

Me voilà armé. Les armes sont déposés dans un coin du dōjō et, tous étant là, on s’aligne pour le salut.

Le Sensei Simon Iwao PIERRE, Shihan, nous dresse quelques mots de bienvenue, puis viennent les présentations. Nous serons 7 ce week-end à suivre les enseignements du Sensei. Certains sont frais de l’année, d’autres sont des piliers reconnus okuden.

Le salut se poursuit traditionnellement, le stage est ouvert.

Et nous quittons le dōjō pour monter au Parce de l’Observatoire, car le stage se déroulera en plein air.

Installés, on commence le kihon, est tout de suite, le dépaysement se fait sentir. La position, très basse et hanmi (presque de ¾), la garde haute sont déstabilisantes mais donnent une très bonne sensation d’ancrage et de force. Et puis c’est classe!

Nous pratiquons les coups de base, qui sont puissants. La différence entre une sensation de coupe et et un simple coup est tout de suite sensible avec ces lourdes armes à l’épaisse lame. Mais de là à le faire correctement…

Nous parcourons notre coin de parc seuls, puis à 2 en enchaînant les coups, avant de passer aux techniques plus avancées du kihon.

En ce qui me concerne, cette partie s’arrêtera au dō-giri, une des techniques particulières à l’école. Un coup puissant, un ample mouvement qui consiste à frapper l’abdomen.

J’apprécie l’effet produit par l’ensemble des élèves enchaînant les dō-giri, alignés les uns derrières les autres. C’est tout autant sportif à exécuter que beau à voir!

Le kihon se poursuit.

La pratique traditionnelle des écoles anciennes s’articule autour de la pratique inlassable des kata, qui contiennent les mouvement et les concepts propre à l’école.

C’est donc la suite du programme.

Les kata de l’école sont autant efficaces qu’impressionnants. Images d’un passé guerrier où les Bushi maniaient de lourdes et mortelles naginata, l’exécution ne laisse pas place à l’équivoque ou à la sophistication surtout esthétique qu’on peut retrouver dans des écoles plus récentes.

Nous finissons au crépuscule et redescendons au dōjō.

Le dōjō traditionnel, c’est aussi la vie en commun le temps du stage. Nous partagerons le repas et dormirons dans le dōjō même.

La soirée est fort agréable, alors que je découvre les relations d’amitié et de respect qui unissent de façon particulière les élèves de cette école, et malgré le vouvoiement de rigueur un peu surprenant, on sent une vraie complicité et une proximité forte.

Le Sensei nous gratifie d’histoires sur le Japon ou d’explications sur l’histoire de l’école. Et je ne peux m’empêcher de penser à Simone (Charton), en l’écoutant: c’est un peu la même énergie, le même savoir, fruit d’une vie de recherche passionnée sur les arts martiaux, de réflexions croisées sur l’énergie, le mouvement… et le même enthousiasme!

Mais il faut bientôt gagner nos spartiates couches (sauf pour les malins qui possèdent un futon complet à demeure 😉 et se préparer à une courte et quelque peu rude nuit: demain, préparation énergétique à 6h, et il fait moins de 10°C dans le dōjō!

D’ailleurs, c’est déjà le matin. Nuit trop courte, réveillés par le Sensei déjà prêt qui prend en photo la « vaillante » troupe en annonçant le début prochain des hostilités!

Le temps d’enfiler le jūdōgi blanc réservé à ce moment, et c’est par 1 heure de yoga que nous émergeons à cette journée.

Je m’abstiendrai de commentaires sur ma souplesse légendaire pour vous dire plutôt la surprise que j’ai eu a me voir pratiquer certains mouvements que je pensais hors de ma portée, tel le lotus. Un lotus quelque peu tordu, mais quand même! Allez, avec quelques (dizaine d’) années de pratique!

Tout cela est suivi par un petit déjeuner aux ingrédients inédits, mais finalement goûtus et très reconstituants.

Nous remontons au parc pour poursuivre le stage. Et c’est là que les courbatures de la veille se font sentir dans les jambes, à cause de la garde très basse.

Le kihon, encore te toujours, et jamais assez, car j’ai le plus grand mal à ne pas reprendre mes réflexes d’atarashii naginata!

Puis les kata, à nouveau. Nous les répétons encore et encore, sous les conseils du Sensei qui visent à leur donner sens et vie. Les élèves avancés passent aux série ultérieures, et entre deux kata je découvre des pratiques tachi contre naginata, yari-naginata, ainsi que la fameuse kagitsuki naginata, arme spécifique de l’école, à la manipulation délicate mais implacable.

Malheureusement, l’heure de mon train de retour, et tous me font l’honneur d’arrêter la pratique pour me raccompagner, alors que la journée n’est pas terminée. Nous revenons au dōjō pour le salut et les adieux, et je dois filer à la gare.

La prochaine fois, je prendrais une montre, car j’y arrive avec une heure d’avance.

J’aurais pu rester!

Je souhaite que ce stage soit le début d’amitiés et de collaborations entre nos deux dōjō. Notre pratique moderne à sans aucun doute un supplément d’âme à y retrouver. Pour ne pas oublier pourquoi nous faisons ce que nous faisons, et revenir à la source pour y garder le sens du Combat, même si celui-ci est de nos jours l’occasion d’un cheminement personnel.

 

Plus d’informations sur Toda-ha Bukō-ryū et le dōjō Oshinkan: www.oshinkan.com

Critérium Kyu 2009

Une belle histoire de Julien


Tout commença un beau matin de prin… Nan, en fait il faisait froid, affreusement tôt et le prez’ était en retard [Note Du Prez: mais c’est complètement faux, et puis c’est même pas vrai!]. Mais on m’a bien élevé et je l’ai donc pas trop fait remarquer. Et c’était pas faute d’avoir essayé d’être moi même en retard : j’habite assez loin de Maisons-Alfort (lieu du rendez-vous), mais ce jour là, je l’ignorais encore…
Bref, une fois le mini-bus rempli, nous partîmes neuf… Point de prompt renfort : c’est également neuf(s)  que nous arrivâmes (dans tous les sens du terme, d’ailleurs : pioncer, ça requinque… Et on en avait tous besoin : se lever pour 9h le WE… Ça doit être interdit, d’ailleurs). Petite pensée attendrie pour le Vizir qui eut bien du mal à se décider : entre ses propres genoux et l’épaule moelleuse de Béatrice-Claire senseï, il ne savait plus où poser sa tête !

Après un voyage de deux heures environ, nous arrivons enfin. Sans trop se tromper de chemin, en plus (ni craquer au dernier moment : un cirque donnait des représentations… Et ça fait une éternité que je suis pas allé au cirque, moi…). Les deux questions les plus importantes du WE sont posées : Où sont les toilettes ? Et quand est ce qu’on mange ?

Le repas ne devant d’ailleurs pas tarder, on se précipite tous dans nos chambres pour se débarrasser du superflu (nag’, armures, etc…) pour se rendre au resto et tester ces fabuleux tickets remis un peu plus tôt. Bon, autant le dire tout de suite : les tickets resto, c’est pour le folklore. Personne ne les vérifie vraiment et si l’envie m’en avait pris de passer deux fois… Bref, c’est pas mon genre, heureusement.

Rien de notable, à part une sombre histoire de trafic de desserts. Pas le temps de s’appesantir la dessus (mais on y veillera plus tard…) : le stage technique commence !

Au programme du stage : de tout et de rien, tout plein de bons conseils qu’on se promet d’appliquer le lendemain… vœux pieux, bien entendu.

Après l’effort… La douche ! A cette occasion, le Vizir et moi étant de gros boulets devant l’éternel [NDP : non rien, continuez, continuez…], nous devons compter sur Xavier pour la serviette. Autant vous le dire tout de suite : une serviette pour trois, c’est pas suffisant et le dernier à passer à un peu l’impression de s’être fait enfler. Mais bon, c’est un peu sa faute aussi, hein.

Le second repas de la journée arrive et on nous annonce qu’il n’y aura pas de dessert. Ruse!

Car il y en avait, bien entendu. Plusieurs hypothèses circulent sur la raison de cette fumisterie : la plus sérieuse étant qu’il s’agissait d’un piège pour dévoiler les odieux trafiquants de dessert de Béatrice-Claire senseï. D’autres, plus fantaisistes parlent d’un anniversaire surprise de cette dernière mais ça n’est pas très sérieux… Mes yeux ne m’ont pas trahi : Martin engloutissant une multitude d’innombrables parts de gâteau au chocolat… Sans doute un des plus pénibles souvenirs de ma triste vie… Avec Matrix 3…

Ceci dit, les mécréants s’en sortent toujours et Martin peut en témoigner.

Après le repas, petite sortie à Carrouf’ : Le gâteau ça donne très soif et à NIDF, on n’aime pas avoir soif. Par contre, on aime le gâteau. On est comme ça… Et on l’assume assez bien.

De retour sur le lieu du stage, nous assistons à la fin [NDP: et ça c’est pas très sérieux, non non…] de la réunion de la Commission Naginata. J’y découvre avec amusement (je suis quelqu’un de très jovial, parfois) que les naginataka français s’adorent mais rechignent à le montrer. Ça fait plus viril.

Devant un tel déballage d’émotion, la soif nous reprend (s’émouvoir aussi, ça donne soif) mais nous tenons bon : demain, c’est une compétition sérieuse et si on veut faire honneur à notre école, on n’a pas le choix. On se couche avec les poules (comprendre « en même temps », petits futés…).

Faire passer des bouteilles d’alcool furtivement dans les chambres et les vider consciencieusement jusqu’à trois heure du mat’, par exemple, c’est pas du tout le genre de trucs qu’on s’amuserait à faire. Pas le genre de NIDF ça madame, non non non !

Et puis, de toute façon, c’est pas l’alcool le danger : c’est le sirop de fraise !

Le lendemain (dimanche, donc), à une heure que la décence m’empêche de citer ici, tout le monde se retrouve dans la salle commune pour prendre un bon petit déjeuner… Certains ont d’ailleurs assez mal aux cheveux (saleté de sirop de fraise…). Après quelques litres de café, je me sens enfin apte à me diriger vers le dojo…

Comme le disent si souvent nos sempaï : « c’est la Guerre » et ce que j’aurais appris ce jour-ci, c’est que même dans un sport présupposé « de fille » on trouve de sacrés bûcherons !

Le bûcheron se caractérise, entre autre, par son incapacité motrice à utiliser sa main arrière correctement. Du coup, il compense « légèrement » avec la main avant. La seconde caractéristique que j’ai pu noter, c’est la facilité déconcertante qu’ont certains bûcherons à faire comprendre à leur victime que c’est de sa faute s’il saigne. Après tout, c’est pas un hasard : fallait pas rester devant.

Détail amusant : le bûcheron ne dévoile sa vraie valeur que quand il peut toiser sa victime de haut. Du haut de mes 190 cm, je n’ai donc pas pu tester de la monstrueuse brutalité des phénomènes… ça avait l’air plutôt mou, même… ou alors c’était le sirop de fraise qui inhibait mes sens… Pas impossible, ça. Déçu je suis…

A la suite de cette journée (c’est plus classe que de dire déculottée, même si ça correspondrait bien plus…) j’ai appris plein d’autres trucs bons à savoir. Par exemple : il ne faut pas vérifier qu’on est bien en train de sortir du terrain. Pas en tournant le dos à son adversaire, en tous cas. J’ai essayé et le fourbe en a profité pour me coller un sune.

J’ai aussi appris que le sune, c’était bien pratique à placer/faire valider parce que ça claquait mieux. Et que du coup, c’était le coup préféré du bûcheron. Que la garde au niveau du visage n’était pas franchement une bonne garde (surtout si on considère cette petite histoire de sune favorisé par certains facteurs techniques indépendant de notre volonté…)

Bref, que le chemin pour être un seigneur de la poutre était encore long… Mais je ne désespère pas… encore !

Voilà, c’était le récit hautement personnel d’un banal 5ème kyu à sa première compétition. Le retour s’est fait à l’image de l’allée : tout le monde pionçant (même le chauffeur, c’est dire!), bien décidé à ne plus jamais retoucher au sirop de fraise !

Pour ce qui est du Naginata, cette excursion à fait un peu comme un déclic. M’a fait découvrir un monde qui, s’il n’est pas parfait, me plaît.

Coupe Tokunaga 2009 – Le Roman-Photo


-Bon c’est parti, faut vérifier les armes, les passeports, les certif’ médicaux…!
-Ben ouais mais moi j’ai faim j’ai mon sanditch…
-Ah bah p’têt mais c’est la guerre, sois fort.

Eh oui, c’est juste à l’heure que j’ai débarqué dans le gymnase Didot, fort commode commodité sportive de plain-pied du XIVè arrdt de Paris, fier de mon timing serré mais néanmoins parfait.

Mais il était bien visible que la motivation et le sens de l’organisation avaient déjà amené la plupart des autres participants sur les planches en avance.

En tenue, voire en armure, les combattants de cette Coupe Tokunaga s’échauffaient déjà. Une tension, une anticipation fair-play mais palpable baignait le Dōjō.

De son côté, la sous-commission sportive de la Commission Naginata du CNK (c’est-à-dire ce jour Sylvie, Agnès et Martin!) s’affaire. Leur effervescence et leurs jolis rouleaux de scotch blanc attirent bientôt quelques amis, et le shiai-jo fut tracé ! Enceinte désormais sacrée, gare à qui le foule avant le début des hostilités !!

Pendant ce temps, le corps arbitral se concentre.

L’échauffement se poursuit, avec plus ou moins de sérieux :

La Belgique:

L’italie

La Hollande

Limoges

Mais rapidement, les frontières tombent, et c’est en Européens partageant la même passion pour le Naginata et l’humour raffiné que cet échauffement se termine :

L’attente est à son comble, les nerfs à vif !
Il est temps d’y aller, tous en ligne !!

Et ce ne sont pas moins de 29 combattants qui vont participer à cette journée !

Et soudain, ce fut la Guerre !

NIDF a dépêché trois de ses plus vaillants Samurai-Mariachis :

Bouggy !!!
Dont c’est le grand retour ! En forme, chaud, mais pas fatigué !

Guillaume !!!
« J’aime le bruit du drapeau blanc au bord du shia-jo… »

Le Prez !!!

(eh oui quand on rédige l’article on peut mettre des photos bien flatteuses !! NIDF Pawa !!)

Bouggy ouvre les hostilités. Malgré un Seme à ébranler les montagnes et de nombreuses invocations sonores du Cochon de Feu, Dieu tutélaire yvelinois de la guerre, il s’inclinera sur un Sune face à Jonathan. La défaite n’est pour lui que l’augure d’une victoire future, car le voici décidé à méditer et s’entraîner sans relâche dans ses Forêts de l’Ouest, attendant l’illumination de son Tengu (la Poule de Houdan ?)


Le Prez affronte d’abord un guerrier Italien aux techniques ancestrales (Stefano). Ensuite, l’absence de Tim lui laisse un goût mi-figue mi-raisin : certes la confrontation lui aurait plut, en souvenir de l’Open Cup, mais quant à l’issue… Il s’esquive donc jusqu’à Lorenzo (encore l’Italie !!).

Une vidéo de ce combat circule sur internet, mais le Prez dément : si si, on lui a bien appris la garde Chudan !!

Voici les ¼ de finale, et c’est avec Tyl ! Et malgré la photo trompeusement avantageuse qu’on voit plus haut, il tombe à son tour, une jambe en moins et le crâne fendu !!

une tentative de Nuki vertical des plus originales !

ça va faire mal !!…

Pendant ce temps là, Guillaume fait merveille ! Après Roberta, il venge Bouggy en éliminant Jon.

Puis le voilà face à Andreas, le Khan de Germanie. Rude combat où Guillaume prévaut sur un Sune. Mais son périple n’est pas fini ! En effet, le voici désormais en demi-finale, face à Tyl. Saura-t-il faire mieux que le Prez ?


Pour cette année, l’aventure de NIDF à la Coupe Tokunaga s’arrête là. Un Sune et un Men arrêtent Guillaume dans sa splendide course. Il sera tout de même déçu de ne pas affronter l’autre « 3e ex-æquo », Philibert. C’est vrai qu’on eût aimé voir ce combat !!

Pour se consoler, il a droit à la bise du Sensei.

Epilogue

La 夢 ティーム du jour Philibert et Guillaume (3e ex-aequo), François (2e) et Tyl (1er) (même si là Franz tient la Coupe, tentant honteusement de profiter de la ressemblance!…)

Cette journée exceptionnelle. Ce fut aussi la Coupe Jacques Mercier, mais ceci est une autre histoire.

Au revoir, à bientôt…

Post-scriptum

Sune-ate

Un article encyclopédique de Baptiste


Les Sune-ate 脛当 (parties de l’armure protégeant les jambes), sont un peu l’emblème du Naginata ; notre truc à nous, quoi, “que les zautres y zont pas !” C’est le premier élément d’armure que le débutant porte ; il lutte pour en attacher les Himo correctement, surtout s’il porte déjà un Hakama, ce qui complique la tâche vu qu’il faut agencer les plis avants du Hakama d’une façon particulière tout en laissant les plis arrières libres… Tout un art !

C’est aussi généralement la première partie d’armure que l’on achète ; une façon de dire que l’on s’investit vraiment dans le Naginata et que l’on compte désormais persévérer ; un jour à marquer d’une pierre blanche ?

Les pratiquants de So-jutsu et de Jukendo ont leur Kata-ate (protection d’épaule), Nous, on a nos Sune-ate… C’est finalement ce qui nous distingue des autres.

Si l’on compare les Sune-ate des armures modernes et ceux des Yoroi anciens, on s’aperçoit que c’est la pièce d’armure qui a le moins subi de transformations dans sa forme générale : une pièce de tissu matelassée sur laquelle sont fixées des (6 généralement) barres de protection encerclant ainsi la jambe.


Voici maintenant des Sune-ate comme on en trouve sur les armures anciennes japonaises. Ceux-ci datent du Bakumatsu, fin de l’ère Edo, deuxième moitié du XIXe siècle.

Même si globalement, l’ancien modèle et le moderne se ressemblent, on note toutefois quelques différences que l’on va essayer d’expliquer.

Déjà, bien sûr, les barres de protection ne sont pas des lamelles de bambou, mais bien des lames de métal. Elles sont en outres reliées entre elles par des chaînes, trois à chaque fois, une en haut et une en bas, cachées par les Himo, et une au milieu que l’on peut apercevoir sur la photo.

Ensuite, on remarque que les deux lames qui se trouvent au niveau de la malléole interne sont raccourcies de moitié par rapport aux autres pièces. C’est pour empêcher ces lames de venir frotter (et éventuellement sectionner) contre la sangle des étriers lorsque les guerriers montaient à cheval. A la place, est cousu sur le Sune-ate un morceau de cuir, le Abumi-zure-gawa 鐙擦革, qui lui, à l’inverse, protège le tissu des Sune-ate des frottements avec les sangles des étriers.

Enfin, il est vrai que ces Sune-ate ne semblent pas offrir de réelle protection au niveau du genou, contrairement aux Sune-ate modernes, mais cela n’était en fait pas vraiment nécessaire dans la mesure où le guerrier portait à l’époque une armure “légère” comprenant généralement un Haidate, sorte de “tablier” allant de la taille aux genoux et recouvert de plaques de métal.

L’équipement utilisé en Naginata moderne n’est pas né avec la discipline, mais est le fruit de la longue évolution de l’armure japonaise aux cours des siècles.
Du champ de bataille au parquet des Dojo, on peut voir à chaque instant que les principes et concepts de la science martiale japonaise subsistent toujours de nos jours, faisant de nos disciplines des “Voies Martiales” et non pas des disciplines sportives. A l’instar des guerriers de l’époque de Benkei, ceux de l’ère Muromachi ou ceux vivant dans la paix de l’ère Edo, nous continuons de nouer les Himo de nos Sune-ate à partir du haut, puis le bas, en commençant par la jambe gauche puis la droite, et dans l’ordre inverse lorsqu’on les retire.

Coupe de Paris 2008

épopée contée par Baptiste


Ceux qui sont zélés dans l’art de la guerre cultivent le Tao et préservent les régulations ; ils sont donc capables de formuler des politiques de victoire.

Sun Tzu

“POUUUUUTRE !”

Spectateur anonyme

Avec du retard, voici donc les Highlights de la coupe de Paris 2008, disputée cette année devant la baie vitrée du Gymnase de La Plaine.

Dans une atmosphère surchauffée, les teams “Les fromages qui puent”, “Kokoro”, “Les mammouths”, “USML”, “Les trompettes de la mort”, “Hard gay”, “Met le doigt”, “Spirit of poutre”, “Kamchatka”, “Chanbara team” et “Kenichiro” se disputaient une fois de plus le tant convoité trophée lutécien et son pendant non officiel du nom d’équipe le plus débile 🙂 (le jury n’a toujours pas tranché en ce qui concerne cette dernière catégorie…)

Pour l’occasion, NIDF dépêcha 3 de ses plus redoutables guerriers : Le Prezident en Personne, le Vizir (fidèle et sournois secrétaire), et l’outsider du jour Martin. Alain s’est gentiment, mais à regret, sacrifié pour arbitrer plutôt que de combattre. Idem pour Agnès, grande prêtresse assermentée des arbitres de tables, chronométreurs et Gentils Organisateurs. Il fut alors décidé que Martin rejoindrait les rangs de “Met le doigt” pendant que le Prez combattrait aux côtés de “Kenichiro” et que le Vizir restait colistier attitré de “Spirit of Poutre ».

On rappellera ici qu’une équipe en lice pour de la Coupe de Paris se compose de 5 membres : idéalement 2 kendoka, un manieur de naginata, un iaidoka (qui en découd avec l’un de ses pairs, sur des kata tirés au sort) et d’un bretteur à la vive mousse, le pratiquant de Sport Chanbara.
Rituellement, une Coupe de Paris commence toujours par un “ah non, pas eux…” adressé de bon matin aux gens d’NIDF par des kendoka soudain soucieux pour leurs genoux ainsi que leurs malléoles. Rituellement, une Coupe de Paris, c’est aussi la foire du Sune-ate qu’il faut mettre puis enlever à chaque combat aux kendoka qui ne savent pas s’habiller tout seuls…

“J’aime ces moments là ; on est là, tous ensemble ; les armes sur le sol ; les regards qui se croisent ; c’est toujours les mêmes gestes ; d’abord la jambe gauche… toujours ; pli du hakama, himo ; puis la jambe droite ; et puis une gorgée de tequila… … toujours”

“Spirit of poutre” s’effrite finalement assez rapidement et ne sait pas sortir de sa poule de 3. Le Vizir y met pourtant le nez et la patate et se jette corps et âme sur ses adversaires, mais cela ne change pas le résultat final de l’équipe qui finit la journée sur les gradins. “Met le doigt” et “Kenichiro” s’en sortent mieux et sont toujours présents sur les shiaijo après la pause déjeuner. Le Prez, alias Jean Grégoire pour la journée (mais où vont-ils chercher tout ça ?), trouve des ouvertures sur kote, hardiment critiquées par son “pourtant-ami” Vizir vitupérant sur la largesse du corps arbitral (ce qui ne veut pas dire que les arbitres étaient tous gros, mais bien qu’ils semblaient larges à notre secrétaire) depuis le bord du shiajo. Malheureusement, “Les trompettes de la mort” mettent finalement un terme au parcours pourtant si vaillamment mené de “Kenichiro”.


Seul avatar de l’entité NIDF encore debout, Martin tient, ploie mais ne rompt pas; il “Met le doigt” véritablement, et le spirit avec, après une moisson abondante de points d’expérience dans la matinée, récompense de son tsuki victorieux au Yari face à un kendoka combattant au Choken Morote dans un duel à mort de Chanbara. Concertation, hésitations et décision passées, on lui attribue un sobriquet à la mesure du geste et il faudra donc désormais appeler Martin “Fatal Tsuki”, plutôt que Martin.


Malheureusement, la “Chanbara team” eut finalement raison de “Met le doigt” dans l’après-midi ; mais les faits d’armes de Fatal Tsuki resteront à jamais gravés sur les tablettes. Your legend will never die.

Au final, après une journée de compétition, le trophée va aux “Hard gays”, suivis sur la seconde marche par “Les fromages qui puent” puis “USML” ex-æquo avec une “Chanbara team” en bronze plutôt qu’en mousse. Un grand bravo aux compétiteurs, organisateurs, arbitres et teneurs de table, et aux spectateurs. La journée s’achève sur les traditionnels Jigeiko (“mêlée générale fair-play”, dans la langue de Molière).


En guise de conclusion, la pensée du jour, recueillie au hasard : “Autant l’ambiance est au bordel quand se mesurent entre eux chambaristes, kendoka et naginataka, autant il règne un silence respectueux au moment de la compétition technique de iaïdo. Tout le monde demeure le souffle coupé, le temps suspendu à la lame qui retourne à son fourreau. »

La Poutre

POUTRE. n. f. Grosse pièce de bois équarri, qui sert à soutenir les solives d’un plancher et que l’on emploie encore dans diverses sortes de constructions. Poutre de chêne. Poutre de sapin. Équarrir une poutre. Une poutre à vive arête. Mettre une poutre en place.

Fig., dans le style de l’Écriture, Voir une paille dans l’œil de son prochain et ne pas voir une poutre dans le sien, Remarquer jusqu’aux moindres défauts d’autrui et ne pas voir les siens, quelque grands qu’ils soient.

Fig., dans le style de la Naginata Gran Mexican Ryu À l’Ancienne, voir une paille dans le Seme de son prochain ET LUI COLLER UNE GROSSE POUTRE EN PLEIN DANS LE MEN !!!!!

Fig., long cri suraigu servant à encourager un camarade en difficulté lors d’un combat → “POUUUUUUUTRE!!”. Remplace “Vas-y, crève-le !”  (pour des raisons évidentes de bienséance) ou son équivalent nippon “KOROSEEEEEE!!”

Old School, comme disait Ellis Amdur..


Question de caractère

Le naginata ? Une naginata ? Des naguinata(s) ? Que faut-il dire ? Le japonais est une langue qui ne différencie ni le genre ni le nombre ; par conséquent, naginata en japonais est un mot neutre. On peut donc dire en français aussi bien “une naginata” qu’ “un naginata”, et l’ajout du “s” pour marquer le pluriel n’est pas forcément nécessaire. Bien sûr, en l’état, et en bon français, “naginata” se lit “najinata”, mais comme il est devenu d’usage d’utiliser le système Hepburn pour romaniser l’écriture japonaise, nul n’est besoin de “u” entre le “g” et le “i”, puisque le “g” est toujours considéré comme “dur” dans le système susnommé…

Cela dit, il semble qu’une convention tacite se soit instaurée dans les habitudes de langage des pratiquants français, et l’on a tendance à utiliser le masculin pour désigner la discipline (donc “le Naginata”) et le féminin pour désigner l’arme (“une naginata). Enfin, tant que l’Académie ne se sera pas penchée sur la question, cela ne restera qu’une habitude qui pourra être adoptée ou pas, à la discrétion de chacun.

Après tout, la question de l’écriture du mot “naginata” n’est pas uniquement un problème franco-français : les Japonais ont, eux, 4 façon d’écrire ce mot : 3 encore d’usage, et une qui n’a pas survécu aux quelques treize siècles d’histoire rattachés à cette arme.


Voici la toute première écriture du mot naginata : NA-KI-NA-TA. Chaque caractère chinois (ou Kanji, utilisés également dans le système d’écriture japonais), possède un sens qui lui est propre, ainsi que différentes prononciations (ou lectures). Cependant, comme c’était fréquemment l’usage à l’époque où ces caractères chinois furent introduits au Japon via la Corée, les kanji utilisés ici ne véhiculent aucun sens (ou, plutôt, il faut faire abstraction de leur sens) et n’ont été choisis que pour leur prononciation afin d’écrire phonétiquement naginata. Le NA est le premier caractère qui sert à écrire Nara, l’ancienne capitale impériale du VIIIe siècle. Le KI est le kanji de l’arbre, et enfin le TA signifie normalement “beaucoup” ou “de nombreux”. Cette écriture a été très vite abandonnée, et il faut dire qu’à l’heure actuelle, elle est quasiment méconnue des Japonais eux-même.


La deuxième écriture, elle, se base sur la signification des kanji plutôt que sur leur prononciation. La lecture “naginata” est en effet une lecture spéciale appliquée ici à cette paire de caractères qui se lit normalement CHŌ-TŌ (avec CHŌ qui possède comme seconde lecture NAGA→NAGA-TŌ) et qui signifie “long sabre”. Les premières naginata identifiées comme telles furent, de l’avis de plusieurs spécialistes, certainement des sabres “standards” montés sur des hampes en bois ; cette écriture fait donc sens.

Toutefois, la confusion entre un naginata et un sabre effectivement long (le Chōtō) devenant alors possible, l’écriture suivant fut adoptée :

NAGU-TŌ, le sabre “qui fauche”, le fauchard. On suppose que cette paire de caractères a commencé à être utilisée vers le XVe siècle. Ce set de kanji étant employé pour désigner une naginata, il est donc bien lu “naginata” et non pas “nagutō”. C’est donc encore une lecture spéciale de ces deux kanji.


Enfin, la dernière écriture, et que l’on doit employer lorsque l’on parle de la discipline moderne (parfois appelée Atarashii Naginata), n’utilise pas de caractères chinois. Elle s’écrit en Hiragana, le syllabaire japonais. C’est donc une transcription phonétique directe et les caractères qui la composent ne sont pas porteurs de sens. Cette écriture “moderne” a été choisie pour se démarquer clairement des écoles anciennes de naginata encore vivantes de nos jours (et qui sont, pour certaines, âgées de plus de 500 ans) et pour affirmer une nouvelle dimension sportive. Si les deux écritures en kanji sont utilisées indifféremment, l’écriture en hiragana est donc réservée uniquement au naginata moderne.

Pour finir, on citera un court extrait du livre Old School d’Elllis Amdur à propos de l’écriture du mot naginata :

« On pourrait penser que changer la façon d’écrire le mot “naginata” est sans importance, mais ce n’est pas le cas. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty définit le langage comme notre “chair sublimée”. Il entend par cette définition que le langage est l’essence de l’existence humaine et qu’il détermine la façon dont sera vécue la vie. En changeant la façon d’écrire le mot “naginata”, on affirmait clairement que l’on ne considérait plus l’atarashii naginata comme un art martial » …
… Mais bien comme un Budō.

Hommage à Simone Charton

Par Baptiste


En guise d’adieu, qui n’en fut pas un, le Maître me remit son meilleur arc. “Quand vous tirerez avec cet arc, vous sentirez la présence de la maîtrise de votre Maître. Qu’aucun curieux ne l’ait entre les mains ! Ne le conservez pas en souvenir quand vous en aurez retiré tout ce qu’il pouvait vous donner, détruisez-le et qu’il n’en demeure qu’une pincée de cendres !”

Eugen Herrigel

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Simone Charton, survenu ce matin du 18 janvier.

Simone Charton était la mère du naginata en France. Elle contribua aussi très largement à sa diffusion en Europe.

Elle partit au Japon dans les années 1970 dans le but d’y apprendre cet art et éventuellement le diffuser après son retour en Europe. Cela peut paraître anodin de nos jours, mais essayons juste d’imaginer ce que pouvait être la condition d’une femme occidentale, seule, ne parlant pas japonais à son arrivée dans l’archipel, dans le Japon encore peu ouvert (en tout cas, très certainement moins que maintenant) des années 70 et dans le milieu très très conservateur des arts martiaux. Les épreuves et les vexations ont dû être nombreuses, avant qu’elle puisse finalement se faire accepter, puis reconnaître puisqu’on lui décerna le grade de 5e DAN et le titre de Renshi, après de nombreuses années de pratique.

A son retour en France, elle donna sa vie (au sens profond) au naginata, le portant seule sur ses épaules et le développant dans plusieurs régions puis plusieurs pays.

Je ne l’ai pas souvent rencontrée. Lorsque j’ai débuté dans son club, NIDF « Naginata Ile de France », elle était déjà atteinte d’une grave maladie. Mais je me souviendrai toujours du premier contact que j’eus avec Simone Charton :

Cela faisait déjà un an que j’étais sur Paris, et je commençais à ressentir une certaine perte de motivation à pratiquer les arts martiaux, seul dans mon coin. A l’époque, je cherchais à monter un club de Bozendo en région parisienne. L’association était créée et il ne me restait plus qu’à trouver une salle que je ne trouverai jamais. On s’entraînait avec Florent de temps en temps, ou alors je m’entraînais seul, en forêt ; mais le climat parisien étant ce qu’il est, ce n’était pas toujours évident (je me souviens de certains matins où le mercure était bien sous la marque du zéro, les mains restaient collées sur le scotch du Bo et le moindre petit coup un peu raté qui atterrissait sur les doigts noirs de froid (ça faisait longtemps qu’on avait dépassé le stade du bleu) était insupportable.

Bref, on s’était motivé pour commencer un nouvel art, dans une structure normale : un club avec un dojo et des gens avec qui pratiquer dedans. Enfin, il s’est trouvé que l’on a fait ça séparément, car Florent restait plus branché Chine et Corée (il s’y est d’ailleurs marié et une petite Mina est née l’année dernière) que Japon. A Paris, niveau arts martiaux, c’est pas le choix qui manque. Mais j’étais décidé à me lancer en parallèle dans le kendo et le iaido. Sauf que ça ne m’a pas plu… Demandez à quelqu’un qui a pratiqué des années un art de profil de se remettre de face… Kimochi warui ! C’est là que je me suis dit qu’il devait bien y avoir du naginata sur Paris. Après une recherche rapide sur Internet, on trouve : Maisons-Alfort, trop loin, j’habite dans le 15e ; Boulogne, plus près, je mets le numéro de téléphone de côté ; Rocquencourt, c’est où ça, ça existe ? (moi la géographie française, dès qu’on se trouve au-dessus de Valence, dans le nord, là…) ; et NIDF, 15e arrondissement, parfait !

La page Internet qui donnait les coordonnées pour NIDF était une vielle page dont la dernière mise à jour remontait à plusieurs années, une page sortie des tréfonds d’un quelconque annuaire en ligne ayant quelques vagues accointances avec le Japon et dont tous les liens étaient morts… Le premier numéro donné par la page était aux abonnés absents. Le deuxième numéro était celui d’Alain, mais personne ne répondit. Le troisième et dernier numéro était celui de Simone. Et ce fut Simone qui décrocha le téléphone.

La conversation qui s’en suivit, et qui dura 40 minutes, est indescriptible. Je ne savais bien sûr pas que Simone était déjà malade, à ce moment-là. A la fin je fus obligé de lui promettre que j’irai au prochain cour du mardi et que, promis, j’essaierai le naginata, sinon j’en aurais eu je pense pour 40 minutes supplémentaires de moines guerriers en l’an 700, d’armures qui sont les mêmes mais pas les mêmes, de termes japonais qui ne m’étaient pas familiers, des écoles anciennes qui étaient devenues modernes mais qui restaient anciennes, etc. La conversation fut tellement surréaliste qu’elle éveilla en moi une certaine curiosité et je ne manquai pas d’aller le mardi suivant au dojo d’NIDF (accompagné finalement par Florent, curieux de voir ça ; je me souviens d’ailleurs qu’on avait fait à la demande d’Alain, lui aussi très curieux, un Nikyo avec les E-bu de deux naginatas démontées en fin de cours… Première et dernière mondiale très certainement). Je me suis inscrit au club lors du cours suivant.

Après cet entretien téléphonique, je ne l’ai rencontrée qu’en de (trop) rares occasions…

Je la remercie en tout cas de m’avoir incité à essayer le naginata. Puisse sa disparition nous rappeler que la pratique d’un Budô est la pratique de toute une vie, sans buts ni profits ; une recherche personnelle mais irrésistiblement tournée vers l’autre.

どうもありがとうございました。

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